Lundi 21 avril 2008
K. VLIEGEN/F. Santoro
7/6, 6/1
Interview de Fabrice SANTORO
Q . Vous avez eu 8 balles de set, il ratait quelques points faciles, as-tu pensé pouvoir retourner le match ?
R. Oui, c’est parfois sur une seule occasion que l’on peut faire un match. C’est pourquoi je suis resté très concentré. Je voulais ce tie break. Mais je n’ai pas pu. Je menais 4/2, et il est remonté.
Q. As-tu été contacté pour la Coupe Davis ?
R. Non. Pourtant, j’ai battu Roddick en novembre, Blake en décembre, et Connors, et Patrick McEnroe, je les ai tous battus ! Mais il y avait beaucoup d’autres joueurs possibles…
Q. Penses-tu qu’il y a du lobbying de la part de la famille Gasquet ? Il a été dit que Yannick Noah serait le capitaine indiscutable, quel est ton avis ?
R. Je ne comprends pas cet acharnement sur Richard Gasquet. La photo du SMS..
Q. Cette photo montre au moins 90% de la réalité…
R. Quand j’ai mal au cou, mon kiné me soigne le bassin, origine de la douleur…Même chose pour le sms, vous devriez essayer de comprendre quelle est la cause et quelle est la conséquence.
Q. Mais il y a quand même un malaise…
R. Richard adore l’équipe de France, il adore la Coupe Davis…
Q. Mais il a dit à l’Equipe que le tennis était un sport à la con, où il fallait toujours tout remettre en question, où la pression était énorme… Où est le problème dans sa carrière ?
R. Sa carrière a connu une période difficile pendant ce premier trimestre de l’année, mais il n’a jamais cessé de progresser. Quand il était 100ème, vous avez dit qu’il fallait qu’il entre dans les 50, quand il était dans les 50, vous avez dit qu’il devait entrer dans les 20, il l’a fait aussi, et maintenant qu’il est 7ème ou 8ème, vous dites qu’il doit gagner Roland Garros… 1270 joueurs perdent chaque année à Roland Garros, et vous voulez qu’il le gagne ?
Q. Qui lui met tant de pression ?
R. Les médias.
Q. De quelle manière ?
R. Il n’a que 21 ans, vous ne l’aidez pas. Je ne sais pas si votre rôle est de l’aider, mais vous ne l’aidez pas.
Q. Comment pourrions nous l’aider ?
R. En parlant avec ses entraineurs. Je sais qu’il travaille vraiment dur. Les journalistes ne sont là que pendant les matches, mais lui passe des heures à faire d’immenses efforts. Il est injuste de lui taper dessus.
Q. Même en assistant aux entrainement, comment pourrions nous tirer quelque chose de positif ?
R. En parlant avec ses entraineurs, ceux qui le connaissent, comme Eric Deblicker, moi-même, je sais tout ce qu’il fait, son Kiné Nicolas, son Ostéo.. C’est eux qui le connaissent et qui sont compétent pour en parler.
Q. Tout de même, quelque chose s’est passé ce week-end ?
R. Richard adore l’équipe de France. Je suis un joueur potentiel, je ne peux pas en dire plus.
Q. Et comment pouvez-vous l’aider, vous, un ami très proche ?
R. Effectivement, nous avons eu le même type de parcours, nous sortons du même cocon familial, nous avons subi la même pression des médias très jeunes… J’ai 14 ans de plus que lui, je peux lui parler. J’ai été aussi critiqué par les médias, cela ne m’a jamais empêché de rebondir, comme sur un trempoline…
Q. Auriez vous plus de chances de jouer en Coupe Davis si Guy Forget n’était pas capitaine ?
R. C’est difficile de répondre. Il a dit une fois que je n’étais pas sélectionné pour des raisons extra-sportives…Il vient voir mes matches. Il avait dit que si je battais Ljubicic, j’irais jouer contre la Russie (j’ai perdu 6/4 au 3ème), il était là quand j’ai battu Blake.
Q. Quand vous n’êtes pas sélectionné, il vous contacte pour expliquer sa décision ?
R. J’ai eu un message, mais j’étais dans l’avion entre Miami et Genève.




