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Mardi 22 avril 2008

A. MURRAY/F. Volandri
6/4, 6/1

Interview de Andy MURRAY

Q. Ce match vous a-t-il donné l’impression d’un travail inachevé ?
R. Non, juste un match comme un autre. Je n’ai pensé à rien d’autre en entrant sur le court. Je savais que ce serait un match difficile. Le contraste entre nos jeux respectifs allait forcément être bien plus grand que contre Lopez, Lopez étant un grand serveur, faisant quelques erreurs du fond de court, un peu irrégulier. Lui est droitier, n’a pas un service très puissant, mais fait rarement de fautes du fond du court. Il fallait que j’adapte mon jeu. Je suis content d’avoir pu le faire au début du match, en gagnant quelques points importants au premier set, et en réussissant à bien jouer les points importants du match, c’était bien.

Q. Vous a-t-il surpris par sa manière de jouer ? Vu les statistiques, il est monté au filet plus que vous…
R. Non, j’avais parlé avec Miles et Alex avant. Il aime frapper son coup droit décroisé et monter après et aussi son revers court croisé pour monter après. Donc je n’ai pas été surpris. En plus, je l’ai probablement attiré au filet par mes slices courts et quelques amorties. C’est sans doute la raison pour laquelle vous avez cette impression.

Q. Etes-vous content d’être sur terre battue, maintenant que la saison a commencé ?
R. Oui, en fait, les deux saisons que j’attends avec le plus d’impatience sont la terre battue et l’herbe, simplement parce que je joue quatre, peut-être cinq tournois sur terre par an et deux seulement sur gazon. C’est complètement différent du reste de l’année. Il faut travailler sur des choses complètement différentes. Malheureusement, j’ai eu quelques mauvaises blessures les deux dernières années sur terre battue. Maintenant je me sens en pleine forme, je me réjouis.

Q. Cela vous motive-t-il davantage lorsque Roland Garros arrive, pour faire une meilleure impression ?
R. Dès que l’on arrive sur un court de terre battue, on se rend compte qu’on peut améliorer sa condition physique. Qu’il faut travailler dur. Sur dur, on peut s’en sortir en frappant fort, un grand service, et le point est fini. Sur terre, vous vous rendez compte qu’il faut travailler plus pour être plus fort. On a donc envie d’être en meilleure forme, d’être plus en forme que les autres joueurs. Je n’ai joué à Roland Garros qu’une fois et je me suis blessé au dos pendant le match. Alors j’ai vraiment envie d’y jouer cette année.

Q. Du point de vue du tennis lui-même, que préférez-vous dans le jeu sur terre battue ?
R. La manière dont les points basculent d’un coté et de l’autre. Normalement, sur dur ou en salle, ou même sur herbe, quand quelqu’un commence à attaquer, il a tendance à finir le point en accélérant ou en venant au filet, ou alors en faisant la faute. Mais sur terre battue, même après un bon service, vous pouvez renvoyer un long retour, il peut y avoir des amorties, l’adversaire peut les renvoyer, il peut y avoir des lobes, toute une variété de coups. Alors que sur d’autres surfaces le jeu est beaucoup plus simple.

Q. Il faut réfléchir davantage ?
R. Bien sûr. Il faut beaucoup réfléchir sur terre battue. Le coté mental est très important. Même quand vous jouez mal sur quelques points, il est important de persévérer, de continuer à courir, même si vous en perdez quelques uns. Surtout, ne pas se démoraliser et tout renvoyer. On peut toujours renverser la situation sur terre.

Q. Vous avez l’air intelligent, peut-être pouvez-vous utiliser cette qualité sur terre ?
R. Pardon ?

Q. Vous pouvez l’utiliser comme tactique ?
R. Je peux bien jouer sur terre battue, comme je le disais. Mais ce qui compte, c’est de comprendre comment jouer, car il y a beaucoup de variété dans mon jeu. Je sais faire les amorties, les volées, je peux jouer en attaque ou en défense. Il faut juste choisir la bonne option au bon moment. Aujourd’hui, j’ai parfois fait le mauvais choix. Je dois travailler là-dessus.

Q. Quel pourcentage donneriez-vous pour qualifier votre forme en ce moment après le virus dont vous avez souffert, et le peu de matches que vous avez joué ? Diriez-vous que vous êtes à 100% ?
R. Je me sens en forme. J’ai travaillé très dur cette année, j’ai voyagé avec un préparateur physique.

Q. Mais cette dernière semaine ?
R. J’ai travaillé dur aussi. J’ai été à Barcelone, je me suis bien entrainé pendant quatre ou cinq jours là-bas. Je sais que je peux encore progresser, mais je ne peux pas vous dire le pourcentage. Je n’ai aucune gêne, aucun pépin. Je me sens à 100% en forme, mais je peux toujours faire mieux.

Q. Vu que vous n’avez pas joué l’année dernière à Paris et que vous vous êtes blessé l’année d’avant, envisagez-vous avec plaisir de jouer Roland Garros cette année ?
R. Effectivement, cela n’a pas été le meilleur endroit pour moi jusqu’à présent. Je n’ai pas eu de trop mauvais résultats en juniors là-bas, je suis arrivé en demi-finale. Je me réjouis de relever le défi de la terre battue parce que c’est à mon avis le Grand Chelem le plus difficile à gagner. Les deux meilleurs joueurs de l’histoire, Federer et Sampras ne l’ont pas gagné, Federer pas encore en tout cas. Cela prouve bien que c’est la surface la plus difficile. C’est motivant. Vous êtes obligé de travailler pour progresser si vous voulez gagner.

Q. Depuis les 12 mois qui se sont écoulés après votre victoire contre Djokovic, êtes-vous étonné des immenses progrès qu’il a faits, je sais que vous avez eu quelques blessures ?
R. Je ne suis pas surpris par les tournois qu’il a gagnés. L’incroyable est plutôt sa régularité. Normalement, les jeunes joueurs enchainent les bonnes semaines et les moins bonnes. Lui est arrivé en demi-finale de tous les Grands Chelems et a bien joué dans tous les Masters. C’est cette régularité qui est la plus surprenante, pas qu’il ait gagné un Grand Chelem. Beaucoup s’y attendaient.

Q. Vous souvenez-vous de l’avoir joué en junior ?
R. Peut-être trois fois, mais je ne me souviens plus de la surface. Je ne sais pas combien de fois nous avons joué sur terre battue quand nous étions jeunes.