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Lundi 21 avril 2008

FERRERO / Llodra
6/7, 6/1, 6/1

Interview de Michael LLODRA

Q. Suite aux questions des radios, avez-vous le sentiment que tout a éclaté après ce week end de Coupe Davis ?
R. Je ne veux critiquer ni Richard, ni quelqu’un d’autre. Mais quand nous avons quitté Winston-Salem, nous étions un groupe. Nous avons même ri ensemble en voyant les photos qui allaient être publiées montrant Gasquet en train de bailler. On en a ri, et voilà ce qui se passe maintenant.
J’aurais préféré que nous nous rencontrions ici en fin de semaine, puisque Guy vient à Monte Carlo. Mais maintenant tout le monde a parlé à droite à gauche. Ce n’est pas ce qui avait été convenu aux Etats-Unis.

Q. Qu’avez-vous personnellement retiré de cette rencontre ? Elle a été positive ? Vous avez joué le simple et ramené le point du double ?
R. Pour moi personnellement, oui, le week end a été positif. Il a été différent des autres fois car c’était ma première sélection en simple et j’ai fait un bon match. Avec Arnaud, nous avons créé un peu la surprise en ramenant ce point du double, ce qui nous a donné une petite chance dans cette rencontre. Malheureusement, nous n’avons pas pu convertir cette toute petite chance, mais nous savions que ce serait très dur. Cela a été une grande expérience pour moi. La rencontre était très serrée. Nous aurions pu être à 2/1, ensuite nous aurions peut-être choisi une autre combinaison et la situation aurait pu être totalement différente. Nous aurions gagné et tout le monde aurait dit que Guy était le meilleur capitaine ! Mais nous avons perdu, et il y a toute cette polémique dans la presse.

Q. Tsonga vous a-t-il manqué ? Vous pensez qu’il apporte quelque chose de positif à l’équipe ?
R. Comme tout nouveau joueur, il apporte sa fraicheur à l’équipe. Quand nous accueillons un nouveau joueur, nous essayons de lui apporter le meilleur aussi. Avec Arnaud, nous avons un statut particulier dans l’équipe, du fait que nous en faisons partie depuis si longtemps. J’ai l’impression que Jo est bien intégré. Malheureusement, il s’est blessé, c’est la loi du tennis.

Q. Il a fallu des années à cette équipe des Etats-Unis pour gagner la Coupe Davis, pouvez-vous en tirer un enseignement pour vous ?
R. Oui. Ils étaient très jeunes quand ils ont commencé, il leur a fallu plusieurs années pour gagner. Nous avons de grands joueurs dans notre équipe. Nous sommes un grand pays du tennis. Mais nous ne pourrons gagner qu’à certaines conditions.

Q. Nous pensions que vous aviez des discussions avec l’ensemble du staff, mais apparemment, ce week end, les discussions ont eu lieu dans les chambres ? Guy a-t-il changé sa manière de travailler ?
R. Guy doit faire son choix le dernier jour. Il avait Richard qui n’avait pas joué le vendredi et le samedi pour des raisons qui le concerne, un joueur blessé… ce qu’il a fait est d’aller voir chacun, puis il a parle avec son staff. Mais la décision finale lui appartient. Ce n’est pas moi qui vais dire : « Polo, tu fais chier, tu as perdu, c’est moi qui joue ! ». La décision appartient au Capitaine. Au foot peut-être, ils parlent devant tout le monde ? Je ne sais pas, mais chez nous, c’est le capitaine qui décide.

Q. C’était toujours comme ça ? Rien n’a changé alors ?
R. Exact. Rien n’a changé. Nous ne savons pas ce que les autres disent au capitaine.

Q. Santoro nous disait qu’il fallait savoir quelle était la cause et quelle était la conséquence, au sujet de Richard. Penses-tu que Richard se sent bien dans l’équipe ?
R. Oui, je le pense. Il a l’air intégré. Comme Jo était blessé, je sais que c’était peut-être plus difficile pour Richard, car lorsque Jo et Gaël sont là, il est avec des joueurs de sa génération. Là, il n’était peut-être pas aussi en confiance, il avait des douleurs. Mais Richard ne peut pas gagner la Coupe Davis tout seul. Il doit la gagner avec ses potes. Ce week end va peut-être nous aider à avancer, ou au contraire, va peut-être faire éclater beaucoup de choses. Nous avons eu un briefing houleux. Il aurait pu être pire, il aurait pu être mieux. Chacun a exprimé son point de vue. C’était dur. Mais nous avons vraiment essayé d’arranger les choses. En partant, nous étions d’accord sur le fait qu’en tant que groupe, nous gagnions ensemble et nous perdions ensemble, et que donc nous allions respecter l’intimité du groupe. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Le père de Richard est parti dans tous les sens…

Q. Vous sentez-vous l’âme d’un leader ? Vous aimez les sports d’équipe, et pour cause. Pensez-vous être celui qui peut rassembler tout le monde ?
R. Je vais justement essayer de faire ça. Je l’ai dit précédemment, l’équipe de France ne m’appartient pas. Mais je me sens une responsabilité, surtout que je suis entre deux générations. J’ai bien connu les Pioline, Escudé, et Grosjean, et je connais la jeune génération. Je pense que ce groupe est hyper-fort, que nous pouvons gagner, mais seulement à certaines conditions. Je sais que pour Richard, Arnaud, Polo, c’est dur, mais nous devons rester unis.

Q. Allez-vous vous réunir entre joueurs, même si Guy n’est pas là ?
R. Je vais réfléchir à ce que je vais faire. Je vais en parler avec Arnaud, car nous partageons les mêmes valeurs. Certains diront qu’Arnaud est déjà un vieux joueur, et que moi, j’essaie d’assurer mon poste pour l’année prochaine, mais peu importe ce que les gens disent, je vais donner le maximum. Si je peux faire ne serait-ce qu’une toute petite chose pour cette équipe, je ne m’en priverais pas.

Q. Le père de Richard a lancé un appel pour que Noah soit le capitaine !
R. Il devrait rester lucide ! Je suis moi-même père de famille, et je ferai tout pour défendre mes enfants, mais il reste le père de Richard…Je vais parler avec Richard, mais la candidature de Noah n’est pas en vue…

Q. Vous n’êtes pas aveugle, tout le monde a vu que Richard avait la tête dans le seau ce week end, il n’y avait personne pour l’en sortir ?
R. Je n’ai pas trouvé ça ! Bien sûr, il y a eu ces photos très dures. Mais Noah n’est pas d’actualité pour l’instant. Je pense simplement que notre charte n’a pas été respectée et je vais essayer de parler à tout le monde.

Q. Vous ne pensez pas que cet accord était du pipo ?
R. Non. Nous avions décidé ensemble. C’est dommage. Cela aurait pu être géré autrement.


Monte-Carlo Country Club