Mercredi 23 avril 2008
R. FEDERER/R. Ramirez Hidalgo
6/1, 3/6, 7/6
Interview de ROGER FEDERER
Q. Comment est-vous sorti de celui-là ?
R. Je ne sais pas. Un peu laborieusement, je crois. C’est toujours dur de conclure le match. C’était dur pour lui, je pense. J’ai continué à espérer avoir plus de chance, je ne faisais pas tant d’erreurs, je trouvais même que mon jeu d’attaque fonctionnait mieux. Tous s’est mis en place au bon moment. Je suis content de m’en être sorti.
Q. Etiez-vous un peu fatigué après la semaine dernière, pourquoi n’étiez-vous pas dans un bon jour ?
R. Je l’ignore. Je me suis trouvé un peu lent aujourd’hui. Mon adversaire a si mal joué au premier set qu’il m’a presque trompé. Il n’arrivait pas à servir. Il faisait énormément d’erreurs du fond du court. Et tout d’un coup, après le premier jeu, qu’il a joué très moyennement aussi, mais a réussi à gagner parce que j’ai moins bien joué, il n’a plus fait de fautes. Il a commencé à mieux servir. Ensuite, j’ai eu beaucoup de mal. Je ne suis pas content du tout de mon jeu. A la fin, cela allait bien. Mais pendant un set et demi, j’étais très déçu.
Q. Quand vous étiez mené 5/1 au troisième, vous avez pensé que c’était presque fini ou vous aviez encore l’espoir ?
R. On a toujours un peu d’espoir. Mais j’étais plutôt en train de penser à rentrer pour faire mes bagages, c’est sûr. Je suis rarement dans cette situation, d’être mené 5/1 au troisième et j’ai quand même réussi à revenir. Généralement le score est bien plus serré, 3 partout, ou 4 partout… Mais je suis déçu par la façon dont j’ai joué.
Q. Vous rappelez-vous si vous avez déjà gagné en étant mené 5/1 dans votre carrière ?
R. Non. C’est votre travail ! (sourire)
Q. Quelle est la leçon pour le match de demain ?
R. Ce n’était pas si mal. J’ai joué correctement au premier set. Et aussi à la fin. C’est juste le milieu du match qui n’était pas très bon. Demain sera un nouveau match, un nouveau jour, un nouvel adversaire, tout va changer. J’espère simplement mieux jouer dans l’ensemble.
Q. Avez-vous l’impression que si vous aviez eu en face un adversaire plus régulier que Ramirez Hidalgo, vous auriez perdu ?
R. Peut-être à 5/1, oui. Mais d’abord, ce joueur doit me mettre dans cette position. C’est tout à son honneur. Il a vraiment bien joué au deuxième set et au troisième. Il n’a pas beaucoup raté. Il a été agressif, il est resté loin derrière le fond du court. Je n’ai pas très bien servi, je lui ai de mon coté donné pas mal d’occasions. Donc votre question ne tient pas.
Q. Quelle partie de votre jeu vous a-t-elle inquiété le plus ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ?
R. Cette année, je suis arrivé plus tard alors que les années précédentes, j’avais quatre ou cinq jours. Une fois même, j’ai eu six jours, je crois. C’est peut-être ce qui a fait la différence cette année. Il a fallu que je m’adapte. J’ai vraiment eu le sentiment que la balle volait plus qu’à Estoril. Là-bas, il y avait beaucoup de vent, les conditions étaient dures. Ici, tout d’un coup, les conditions sont meilleures, mais la balle vole tout autant. Cela nécessite un effort d’adaptation. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles j’ai eu des difficultés aujourd’hui.
Q. Au niveau de la confiance, y a-t-il quelque chose de différent cette année par rapport à l’année dernière pour les raisons que vous venez de décrire ?
R. Non. Je me sens bien. Six matches sur terre, six victoires. Je ne me plains pas (sourire).
Q. Et vous avez aussi gagné trois prix ?
R. En plus ! N’est-ce pas génial ? C’est une belle journée… (sourire). Je ne peux pas être plus heureux !
Q. Vous avez gagné le prix du « Favori des Fans » et de « l’Humanitaire de l’Année ».
Q. Le second était l’année dernière.
Q. Et cette année ?
R. « Le plus fair-play », les « Fans » et le « Joueur de l’Année ».
Q. Vous êtes content des trois ?
R. Oui, je trouve qu’ils sont très sympas. « Le Favori des Fans » est toujours très chouette. Je pense que les gens m’aiment bien partout dans le monde et ils votent pour moi. C’est super. Le joueur le plus « fair-play » est un grand privilège. Ce sont les joueurs qui votent, vous savez. Je les ai battu si souvent, et ils votent pour moi quand même, c’est que ça marche ! (sourire). C’est vraiment sympa d’être plébiscité par les autres joueurs. J’essaie toujours de bien me comporter pour être un modèle pour les enfants, pour leur montrer comment se comporter. C’est sympa que les autres joueurs votent pour moi. Et le « Joueur de l’Année » semble le plus évident, puisque j’ai terminé numéro 1 à la fin de l’année. Cela peut vouloir dire beaucoup ou rien, selon la manière de voir.
Q. Un joueur Britannique vient de perdre 54 matches d’affilée et s’il en avait perdu 55, il aurait battu le record du monde des défaites !
R. Vous êtes durs, non ?
Q. Que diriez-vous à quelqu’un qui est dans cette situation, qui perd semaine après semaine ? Vous lui diriez de continuer ?
R. J’aurai préféré en perdre 55 à sa place, au moins les gens parleraient plus de moi… Mais vous allez parler de lui, même à 54 !
Q. C’est déjà fait !
R. Ah bon (sourire) !
Q. Vous pensez qu’il est méritant d’avoir persisté ?
R. Vince Spadea a eu ce genre d’expérience à un moment. Il en était à 21, je crois. Que faire ? Tout ce qu’il y a à faire est de travailler dur, et d’espérer que les choses s’arrangent et que cela ne se reproduise plus. C’est une mauvaise série que l’on doit subir.



