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Jeudi 24 avril 2008

N. DJOKOVIC/A. Murray
6/1, 6/2
Interview de NOVAK DJOKOVIC

Q. Y a-t-il quelque chose que vous pouvez mieux faire qu’aujourd’hui sur terre battue?
R. Bien sûr, on peut toujours faire mieux. On ne joue jamais le match parfait. Une chose est certaine pourtant : je suis très, très, très satisfait de ma performance, surtout au premier set. J’ai réussi à garder le contrôle du match, à être patient et agressif à la fois.

Q. Quand vous essayez d’être patient en même temps qu’agressif, comme vous venez de le dire, comment arrivez-vous à choisir le bon moment pour passer de l’un à l’autre ?
R. Je pense que cela vient avec le temps et l’expérience sur le circuit. Plus vous jouez de matches, et de gros matches, plus vous pouvez acquérir de l’expérience et des connaissances. C’est ce que j’ai acquis pendant les derniers mois, à mon avis. Et j’ai beaucoup mûri dans mon jeu, bien que je n’aie pas gagné un grand tournoi sur terre battue. C’est quelque chose que je voudrais réaliser cette année, j’ai des objectifs ambitieux. Je pense que mon jeu convient bien à cette surface. J’ai beaucoup travaillé. J’espère que cela va payer.

Q. Comment comparez-vous ce match avec les autres contre Andy ?
R. La comparaison est difficile parce qu’on n’a jamais joué sur terre battue. Le jeu est complètement différent, le style de jeu aussi. J’ai dit à la fin du match qu’il avait bien fait de travailler avec Corretja, qui a été l’un des meilleurs joueurs de ces 10, 20 dernières années sur cette surface. Ce dernier peut lui apprendre beaucoup. Je l’ai trouvé un peu trop passif tout au long du match. Il ne saisissait pas sa chance. J’ai saisi les miennes quand elles se sont présentées.

Q. Etes-vous assez optimiste au sujet de cette courte saison de terre battue d’après ce que vous avez vu jusqu’à présent ?
R. Oui. Mais je prends les choses étape par étape. Je ne veux pas me précipiter. Même si je suis très content de mes deux matches jusqu’à présent, ce n’est que le début de la saison. Comme je l’ai dit, je vais essayer d’être régulier et de maintenir un haut niveau sur cette surface. Le calendrier est vraiment très difficile cette année, surtout sur terre battue : nous avons trois Masters Series en quatre semaines, ce qui est un peu bizarre. Mais c’est pareil pour tout le monde. Il faut s’y faire.

Q. Y a-t-il quelque chose de spécial quand vous jouez à Roland Garros, peut-être pas au niveau du tennis, mais de l’ambiance ?
R. Certainement. Les Grands Chelems sont les plus grands tournois. Vous vous sentez très privilégié de pouvoir être là et de simplement participer à ces grands événements. Et à Paris, à Roland Garros, il y a les meilleurs courts de terre battue du monde. Je joue mon meilleur tennis là-bas parce que la terre battue est un peu plus rapide que dans les autres tournois comme Rome, Hambourg ou ici. Cela convient bien à mon jeu.

Q. L’herbe est le royaume de Federer. La terre battue est le royaume de Nadal. Et vous ? Pensez-vous avoir de plus grandes chances de gagner des points sur terre battue par rapport à Federer ? La terre battue est-elle meilleure pour vous ou pour lui ?
R. On ne sait jamais. Comme je l’ai dit récemment, ce n’est que le début. Il n’y a eu que deux matches et un tournoi sur terre battue et il y en a encore beaucoup à venir. La terre battue est une surface délicate, car pour survivre à tous ces thrillers et ces longs points et matches, il faut être bien préparé et très en forme. Il y a beaucoup de joueurs Espagnols ou d’Amérique Latine, des pays latins, qui jouent très bien sur cette surface. Ce n’est donc pas facile. Il faut vraiment économiser son énergie le plus possible et maintenir un niveau de jeu très élevé. Je ne me considère toujours pas comme le premier, ni le deuxième, ni même le troisième joueur sur terre battue parce que je n’ai jamais gagné un grand tournoi sur terre battue. J’ai eu de bons résultats à Roland Garros surtout. Je vais donc prendre les choses étapes par étapes et voir comment ça se passe.

Q. Vous et Andy avez eu beaucoup de points communs ces dernières années sur le plan du classement après être sorti des juniors. Vu le match d’aujourd’hui, on peut penser que vous avez pris beaucoup d’avance par rapport à lui. Pensez-vous qu’il est meilleur qu’il ne l’a laissé voir aujourd’hui ?
R. Je ne fais pas attention aux comparaisons entre lui et moi, parce qu’il n’y a pas que notre rivalité, il y a de nombreux autres joueurs sur le circuit. Il faut surtout s’occuper de soi et de ce qu’on fait personnellement pour rester sur la bonne voie. C’est ce que j’essaie de faire depuis longtemps. Il est vrai que j’ai gagné les trois ou quatre dernières fois, et les deux dernières fois, à Miami, 6/0, 6/1, et ici 6/0, 6/4 ont paru faciles, mais ce n’est jamais le cas. Il faut rester concentré tout le temps. Le deuxième set aujourd’hui aurait pu basculer d’un coté ou de l’autre. Andy a encore besoin d’expérience. Il a fait face à plusieurs blessures tout au long de la saison de terre battue l’année dernière. Il a donc du potentiel de progression, et des points à gagner cette année. Je suis sûr qu’il va s’en sortir.

Q. Pensez-vous qu’il ne se fait pas justice quand il joue contre vous ?
R. C’est une question à lui poser à lui. Je ne sais pas ; je ne peux pas comparer ses matches contre moi et ses matches contre Federer ou d’autres. Il a peut-être des difficultés à jouer contre moi. C’est à lui qu’il faut demander.

Q. Que pouvez-vous dire du fait qu’il y a 7 joueurs sur les 10 meilleurs de l’ATP qui sont en quart de finale cette année, si je ne me trompe pas ? N°1, 2, 3, 4, 5, 7 et 9. Il ne manque qu’Andreev.
R. C’est ça. C’est le sport, le tennis ! On ne sait jamais ce qui va se passer. C’est très imprévisible, mais les meilleurs montrent leur force dans les moments importants.

Q. Avez-vous des souvenirs que vous aimez et d’autres que vous n’aimez pas à Roland Garros ?
R. Je n’ai pratiquement que des bons souvenirs, chaque fois que j’ai joué sur le court central à Roland Garros, j’ai eu le public derrière moi, j’ai toujours eu de bonnes sensations. Je suis arrivé en quart de finale et en demi-finale aux deux dernières éditions. Alors je suis ravi d’y retourner et de bien jouer là-bas.

Q. Mais vos souvenirs de l’Open d’Italie ne sont pas aussi bons ?
R. Vraiment, pourquoi ? J’ai été en quart de finale l’année dernière à Rome. Je me souviens de ce match contre Nadal. J’étais frustré car je jouais bien et ne pouvais rien faire. Je pense que la plupart des joueurs ont le même sentiment quand ils jouent contre lui sur terre battue. Mais j’aime jouer là-bas, le Club de Rome a une grande histoire, et on peut entendre la foule hurler dans le stade de foot à coté.