Lundi 16 avril 2007
J.C. FERRERO/T. Henman
7-5, 6-2
Q. Que faire? Une ou deux volées je suppose, vous avez eu quelques balles de break au premier set…
R. Oui, je pense que je n’ai pas trop mal joué vu les circonstances. Je n’ai pas pu m’entraîner beaucoup. Il y a eu quelques points où j’ai fait de grosses erreurs. La plus grande était à 3-4, 15/40, quand il était parti pour un passing, et que je pouvais finir le point. Il a fait un coup droit pourri et je suis passé à coté, je n’avais plus de coup à jouer. Mais oui, c’est toujours celui qui concrétise ses occasions qui gagne. Lui a eu 0/40 sur mon service. J’ai fait quelques jolis coups pour m’en sortir. Je ne suis pas dans une situation facile en arrivant à ce premier tournoi sur terre battue, devant jouer contre un ancien vainqueur de Roland Garros. C’est un début difficile. C’est ça le défi : je veux pouvoir jouer plus de matches, mais ce scénario est difficile.
Q. Donc vous allez jouer sans arrêt jusqu’à Roland Garros? Où jouez-vous ?
R. Je pensais pouvoir entrer dans le tableau de Rome, je suis quatrième sur la liste je crois. J’aimerai bien jouer à Rome. Je ne suis pas sûr pour Hambourg vu les conditions. J’ai eu des difficultés avec mon dos après la Coupe Davis, pour des raisons que j’ignore, et si le temps est aussi froid qu’en ce moment là-bas, peut-être que je préfèrerai jouer seulement Rome puis Roland Garros. On verra.
Q. A Roland Garros, vous avez joué un très bon premier set il y a quelques années, comment pouvez-vous bien commencer le match contre lui?
R. C’est mon style de jeu. Il y a les deux cotés de l’équation : si je suis agressif, je lui enlève du temps. Il n’a alors pas le temps de trouver son rythme. Ces joueurs adorent avoir du temps pour préparer leurs coups et pour les frapper. Et ils aiment des échanges de 10 ou 15 coups, même 20. Mais si je fais service volée, si j’attaque et monte sur son premier service, le point ne dure que trois ou quatre coups maximum. L’envers de la médaille est que je prends énormément de risques. Ma marge d’erreur est très mince. Pendant de longs moments dans le match, j’ai vraiment très bien joué, mais comme vous l’avez dit, cela se joue seulement à un ou deux points. Dans un set très disputé, c’est lui qui a réussi à faire le break, ensuite, il a commencé à mieux jouer.
Q. Combien de temps d’entraînement avez-vous eu avant ce match?
R. Je n’ai pas pu jouer plus d’une heure. Je ne sais pas pourquoi, mais mon dos m’a fait assez mal. Ce n’est pas prévisible. Si je n’avais fait l’entraînement nécessaire, ni tout ce qu’il faut, je pourrai comprendre. Mais là ? Est-ce la transition sur la terre battue ? Pourtant, cette surface est plus souple et je me sens à l’aise avec les glissades.
Q. Comment était votre dos après la Coupe Davis?
R. Ce match sans enjeu n’a pas aidé ! Je me suis entraîné une heure Mardi et Mercredi à Londres, sans servir. Je suis ensuite venu ici, mais je n’ai pas servi non plus vendredi. J’ai juste joué une heure Samedi et Dimanche. Je n’ai plus qu’à prendre un peu de repos pour me préparer pour Rome.
Q. Il n’y a qu’à faire face à la frustration permanente?
R. Oui…
Q. Parce que vous saviez que ce serait comme ça, mais quand cela arrive tout le temps, cela devient frustrant?
R. Surtout parce que c’est imprévisible. J’ai l’impression que je maitrise la situation à nouveau, le dos va bien un moment, et tout d’un coup, cela repart. C’est inhérent à la nature du problème, mais cela devient dégénératif. Mais je ne pense pas qu’il m’a gêné autant que je pouvais le craindre aujourd’hui.
Q. A part la défaite, était-ce plaisant d’être sur le court central?
R. Plusieurs fois, j’ai regardé autour de moi. J’ai pensé : c’est vraiment un endroit spécial, avec un match sur le court central devant des tribunes presque pleines et un tel beau temps. J’ai vu Jonathan à un moment pendant qu’il regardait par la fenêtre, et j’ai pensé qu’il devait avoir une belle vue de là !
Q. Je ne sais pas si vous êtes au courant de l’annonce de presse de Federer et Nadal aujourd’hui, ou de leur réunion?
R. Si.
Q. Par rapport à ce que l’ATP essaye de mettre en place, et vous avez été au cœur de tout cela, que pensez-vous de la position unanime des joueurs qui disent qu’ils ne sont pas suffisamment consultés?
R. Je comprends certainement d’où viennent les joueurs. Je comprends bien Etienne. Il essaie de faire des changements pour ce qu’il pense être le bien du jeu. Mais avec les générations qui passent, ce n’est pas facile. Je pense que ce n’est pas une bonne chose que l’ATP soit composée à 50% de joueurs et à 50% de tournois. Nous faisons face à des procès, je crois ne pas me tromper, de la part de Monte Carlo et Hambourg, donc nous sommes dans le fond en train de nous faire des procès à nous-mêmes ? Zélijko veut, cela se comprend, défendre son tournoi. Et il siège en même temps au Conseil de l’ATP. Je pose la question : pourquoi l’Association des Joueurs Professionnels est-elle composée à 50% de tournois ? Ne sommes nous pas en meilleure position en tant que joueurs si nous sommes entre nous ? Je n’ai pas de réponse. Il y peut-être une explication logique à tout cela. Je vois bien qu’elle est l’histoire de l’ATP, mais je pense que nous, les joueurs, nous serions en meilleure position si nous nous représentions sous la forme d’une organisation séparée.
Q. Vous avez dit comprendre Etienne, vous pensez que l’ATP est entre de bonnes mains?
R. Nous parlons tous, et vous les journalistes les premiers, du calendrier, et on veut raccourcir la saison. Quand les joueurs sont blessés, vous êtes les premiers à dire que ce n’est pas bon pour le tournoi. Ils essaient de créer un calendrier qui tienne debout autant que possible. Il y a beaucoup de tournois, et s’engager à jouer neuf Masters Series, c’est beaucoup pour les joueurs. Quand on commence à vouloir changer les choses, on rencontre d’énormes difficultés. Monte Carlo ne veut pas être déclassé, je le comprends, et il en va de même pour Hambourg. Quelque soit la voie dans laquelle on s’engage, on a les mains liées. Comment donc arriver à mettre en place des changements ? Je l’ignore.
Q. Pas d’idées personnelles ?
R. Pas vraiment, non. Je vois bien tous ces scénarios différents, et je trouve que c’est vraiment difficile. Et puis on entre dans toutes ces procédures juridiques. Ces procès dans tous les sens ne facilitent la tâche de personne.
Q. Avez-vous beaucoup parlé entre vous, les joueurs, avez-vous discuté avec Federer et Nadal ?
R. J’ai longuement parlé avec Roger. Il ressent fortement le poids de ses responsabilités vu sa stature dans le tennis. Il a vraiment à cœur de préserver le tennis et son histoire. De ce point de vue, le dialogue est vraiment important. Je suis sûr qu’il va se passer encore beaucoup de choses à l’avenir.





