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Mercredi 18 avril 2007

R. GASQUET/D. Hrbaty

6-3, 6-2

Interview de: RICHARD GASQUET

Q. Tu es rassuré physiquement, tu as récupéré?
R. C’était dur. J’ai bien débuté, ensuite j’ai eu un moment de flottement, mais c’est normal car le match d’hier n’était pas facile. Je me suis bien remis. J’ai bien joué à l’entrainement ce matin. J’avais des ressources.

Q. Pourquoi le kiné, c’était ton épaule?
R. Oui, une douleur à l’épaule. Les balles devenaient lourdes et je venais d’avoir un jeu difficile, je voulais un peu de repos.

Q. Tu as senti la douleur dès le début?
R. Avec le long match d’hier, c’est normal d’avoir une douleur, je voulais me faire traiter. Cela me permettait de récupérer après un jeu dur pour l’épaule. Le massage m’a fait du bien.

Q. Tu avais besoin de gagner du temps?
R. J’ai démarré vite car j’étais plus relâché au début de ce match qu’hier. Il a bien joué lui aussi, j’ai du mérite d’avoir été jusqu’au bout. Je me suis senti mieux dans mes coups aujourd’hui.

Q. Cela fait du bien de gagner à l’arrache comme hier?
R. Oui, c’est capital. Ce n’était pas un grand match, mais c’est dur de lire dans la presse que le match n’était pas beau, qu’il était laborieux. Quand je joue bien, c’est facile. Pour moi, les beaux matches sont ceux où je ne joue pas bien et ou je me bats jusqu’au bout. Je respecte votre manière de voir, moi, j’ai la mienne. Je crois que sur ce point, j’ai raison.

Q. Nous avons repris tes mots…
R. 80% du temps, sur le circuit, c’est laborieux. On change de lieux, de conditions, de surface…Ce n’est pas facile d’être relâché dès le premier match. Je pense que j’ai du mérite.

Q. On l’a dit aussi !
R. Mais moins que le contraire !

Q. A la fin du premier set, il est revenu?
R. Il frappe la balle à plat, c’est un jeu qui me convient, mieux que celui de mon adversaire d’hier. Et puis, j’ai un autre avantage : je l’ai battu plusieurs fois, trois fois de suite. Gagner le premier set a été très important, même capital.

Q. Que penses-tu de ton prochain adversaire?
R. Le match est encore en cours. Ljubicic a un très bon service, il dicte le jeu avec sa puissance. Je dois mieux servir (pour l’instant, ce n’est pas terrible).

Q. Est-ce lié à ta douleur à l’épaule?
R. Non. Après la Coupe Davis, je n’ai pas servi pendant une semaine, cela m’a déréglé. Ce n’est pas inquiétant pour l’instant, mais je dois mieux servir contre les meilleurs joueurs.

Q. Tu as envie qu’on te lâche un peu?
R. Ce n’est pas facile pour moi. Quand j’ai été blessé et que j’avais besoin d’aide, il n’y a eu personne, pas de coups de téléphone pendant six semaines. Et là… J’ai confiance dans ma structure, avec Eric, nous faisons du bon travail. Je n’ai pas besoin d’aide du monde entier : il semble que même le balayeur veuille m’aider !!

Q. Tu ne penses pas que si Guy est dur avec toi, c’est qu’il croit vraiment en toi?
R. Oui, certainement. Mais je ne suis pas malade. Je vais bien. Je sais travailler. Je suis content d’être 15ème mondial. Bien sûr que je veux plus. Je vais travailler très dur pour cela. L’année dernière à cette époque, j’étais malade, mais là non. C’est dur de lire tout cela.

Q. Le statut de Numéro Un est lourd à porter, peut-être que Seb peut te donner des conseils?
R. Non. Je préfère être numéro un que treizième ou quatorzième comme il y a deux ans. C’est tout à fait normal que les gens attendent beaucoup de moi. Je dois savoir écouter les critiques qui sont justes.

Q. En coupe Davis, le joueur numéro un n’est là que pour réduire le score, et non pas pour jouer le cinquième match décisif, c’est dur?
R. C’est pesant, c’est une grosse pression. Je devrais pouvoir me mettre moins de pression en Coupe Davis.

Q. Ne penses-tu pas que ces matches-là t’aident ensuite à Roland Garros?
R. Oui, bien sûr. Mais je pense qu’il faut mettre moins de pression sur la Coupe Davis. Je n’ai pas mérité d’être le bouc émissaire.

Q. Tu en veux aux journalistes ou à Guy?
R. Ce n’était pas malin de le sortir dans les journaux. C’est lui qui l’a dit, c’est vrai, et c’était légitime de votre part de le dire.

Q. N’est-ce pas la tâche du champion de savoir encaisser?
R. C’est exact.

Q. Que dois-tu travailler dans ton jeu?
R. Je dois prendre la balle plus tôt et mieux servir. J’ai une grande marge de progression. Je peux mieux servir, monter davantage au filet, prendre plus de risques.

Q. Tu parles de technique, mais que peux-tu faire sur le plan mental ?
S. Il y a beaucoup de détails. Je deviendrai plus fort mentalement quand j’aurai enchaîné les victoires et quand je serai plus fort physiquement. J’ai suivi tout un programme d’entrainement physique et je suis bien mieux capable d’enchaîner (je me posais des questions là-dessus).

Q. Tu éprouves quand même du plaisir sur le court ?
R. Si, bien sûr. Jouer à Monte Carlo, avec un public au complet, ou à Roland Garros, ou encore en Coupe Davis, c’est formidable. Je ne changerai ma place pour rien au monde !

Q. A Roland Garros, il faudrait enchaîner 7 matches ?
R. J’ai encore deux ou trois ans pour travailler. Je serai au sommet vers 23 ou 24 ans, je le sais. Je fais le maximum tous les jours. Je suis content d’être 15ème, mais j’espère faire mieux. J’ai de grosses ambitions pour les deux ou trois prochaines années.

Monte-Carlo Country Club