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ATP Tennis
 

Dimanche, Avril 22, 2007

Interview de: ZELJKO FRANULOVIC

Mesdames, Messieurs,

Bonjour et bienvenue à notre traditionnelle conférence de presse de fin de tournoi, l’occasion pour moi de vous remercier pour votre fidélité et de dresser un premier bilan de cette 101ème édition.

Lors de nos deux Conférences de Presse précédentes, j’avais exprimé un souhait : faire aussi bien qu’en 2006, l’année de la centième édition de notre tournoi, et je réalise qu’aujourd’hui nous avons fait encore mieux.

Dès les premiers jours du tournoi, nous nous savions que les résultats dépasseraient toutes nos espérances, avec non seulement un tableau une nouvelle fois exceptionnel, mais aussi des ventes de billets record à guichet fermé, tout au long de la semaine, du dimanche au dimanche. Il est vrai que pour le premier dimanche, c’est le « Sunday start » qui nous a aidé.

Voici les chiffres :
Toutes nos loges, au nombre de 260, ont été vendues longtemps avant le tournoi. Le nombre de spectateurs cette année a été 109 840, en augmentation par rapport à l’année dernière (105 ou 106 000).

Mais comme nous le savons tous, un tournoi de tennis ? ce n’est pas seulement le nombre de billets vendus dont nous sommes bien évidement très fiers mais tout d’abord la qualité de l’accueil et du spectacle offert. Un niveau de jeu digne des meilleurs tournoiS et une finale (de nouveau) de rêve grâce à deux athlètes exceptionnels.

Je profite de l’occasion pour remercier :
- nos partenaires : l’horloger suisse Rolex, notre « presenting sponsor », qui ne cesse de renforcer son soutien et les innovations dans notre tournoi ainsi que la BNP Paribas et son équipe et nos autres fidèles partenaires,
- et l’ensemble des joueurs, plus particulièrement les deux finalistes, Roger et Rafa, envers lesquels j’ai une grande admiration tant pour leur qualité d’athlète que pour leur qualité personnelle.

Je me félicite également de la participation et du soutien de tous les jeunes talents, « les jeunes loups » comme j’aime les appeler, du tennis français et international (Gasquet, Monfils, Djokovic, Murray, Baghdatis, Berdych, etc).

Mais avant de laisser place à la finale, je voudrais parler d’un événement qui a marqué cette édition des Masters Series Monte Carlo présentés par ROLEX: le soutien spontané des joueurs qui ont tenu à exprimer leur opposition au plan 2009 de l’ATP et exprimé leur solidarité avec les tournois européens, également affectés par ce plan avec un soutien plus particulier au tournoi de Monte Carlo.

Vous avez pu assister vous-même à la conférence de presse lundi dernier qui s’est transformé en une déclaration spontanée des meilleurs joueurs qui ont demandé l’arrêt immédiat de ce plan et que l’ATP commence à les écouter. Dans ma longue carrière de joueur et de dirigeant, c’est la troisième fois que j’assiste à un tel événement, la première fois était sur le parking de US Open en 1989, la deuxième à Miami il y a deux semaines et la dernière, ici, lundi dernier ; malheureusement, la différence est que ce deux dernières fois ont été provoquées par des conflits internes et pas externes comme en 1988.

Place maintenant au sport et à une finale de rêve, digne des plus grands tournois du monde.

D’habitude je conclue mes conférences en vous remerciant tout d’abord, vous nos chers membres de la presse, TV media… Cette année, permettez-moi de remercier tout d’abord les joueurs pour leur spectacle, leur comportement sportif et bien entendu leur soutien inconditionnel à notre tournoi et je vous donne rendez-vous l’année prochaine du 19 – 27 Avril.

Avez-vous des questions ?

Q. Avez-vous eu l’occasion de parler avec Etienne lorsqu’il est venu ici?
R. Non.

Q. Ce n’était pas envisageable?
R. C’était envisageable, mais pas envisagé.

Q. Pourquoi?
R. C’est difficile à dire, mais je crois que le but de cette visite était de parler aux joueurs. Ils étaient les plus expressifs et c’était le moment de parler avec eux.

Q. Avez-vous eu l’occasion de parler avec Roger Federer?
R. Plusieurs fois, et pas seulement ici à Monte Carlo. Je passe beaucoup de temps avec les joueurs.

Q. Quel est le déroulement à partir de maintenant? Avez-vous des dates pour le procès, pour les réunions ?
R. Quel est le plan ? Il y a la réunion du Conseil de l’ATP à Las Vegas où les candidatures pour les Masters Series vont être déposées, elles seront étudiées et approvées. Jusque là, je ne peux rien dire.

Q. Mais le calendrier, quand sera-t-il officiellement approuvé, la semaine prochaine?
R. Il est difficile de dire jusqu’où on va aller, parce que je ne vois pas comment le calendrier pourra être officiellement approuvé pendant cette réunion puisque l’objet de cette réunion est seulement d’étudier les candidatures pour les Masters Series. Il faut d’abord qu’elles soient approuvées, et nous verrons ensuite.

Q. Est-ce difficile pour vous d’être à la fois membre du Conseil de l’ATP et directeur d’un tournoi qui fait un procès à l’ATP? C’est une position curieuse, non ?
R. Vous avez raison. La situation est très étrange. Mais en tant que membre du Conseil, bien sûr que je soutien et ai toujours soutenu tout ce qui va dans le sens d’une amélioration du tennis. Il n’y a aucun doute là-dessus. Tant que cela va dans le sens de la logique. Dès que j’ai rejoins le Conseil, j’ai immédiatement exprimé mon opposition au plan. Cela ne veut pas dire que je suis contre le Conseil ou le tennis, mais simplement que je suis contre ce plan qui touche la région Européenne et les tournois Européens. Ce n’est pas l’histoire de Monte Carlo et Hambourg, c’est l’histoire de l’Europe en tant que région, et c’est une longue histoire. Si l’on regarde de plus près le calendrier proposé, on se rend compte que presque partout, des tournois Européens sont touchés par ce plan. On se concentre trop sur Monte-Carlo et Hambourg et comme je l’ai dit, je suis assis entre deux chaises. Mais on en viendra à ces choses. Lorsque le calendrier sera approuvé, d’autres choses viendront sur la table.

Q. Les joueurs semblent être de votre coté, cela fait trois voix et avec votre voix, ce plan ne va pas passer car cela fait 6 voix contre 2, je me trompe ?
R. Vous avez raison dans la théorie. Les joueurs ont exprimé leur soutien ici et à Miami. C’était évident. Mais cela ne veut pas dire que leurs représentants vont voter dans ce sens. On ne sait pas. On verra.

Q. Mais les chances semblent aller dans ce sens?
R. Je l’espère vraiment car ce serait la meilleure manière d’éviter une crise majeure. Il y a une crise déjà. Mais si les représentants écoutent les joueurs comme les joueurs le leur demandent, ce plan pourra être arrêté.

Q. Peut-on revenir aux éléments de base? Pouvez-vous énumérer les raisons pour lesquelles ce plan avait été proposé au départ et quelle a été votre réaction immédiate à ces raisons ? Elles étaient valables ?
R. Ce plan est la nouvelle vision des nouveaux dirigeants de l’ATP et je ne peux être que d’accord avec le fait que tout changement dans les instances d’une organisation sportive s’accompagne de sang nouveau et d’idées nouvelles. Cela fait partie d’une certaine vision de notre président et le « reste » du conseil a approuvé et a suivi. Une partie de cette vision est que le tennis devrait accorder une plus grande place aux fans, aux consommateurs, être ouvert à un plus grand nombre de spectateurs et être plus vendable à la télévision. On a donc assisté à des changements majeurs pour aller dans le sens de ce plan. Mais en même temps nous sommes choqués par une partie de ce plan, où les poules n’ont pas vraiment eu le résultat attendu. Et nous nous sommes ensuite demandé si le reste du plan allait tenir debout. J’essaie de répondre à votre question. Les objectifs principaux du plan étaient : mieux vendre le tennis, être plus compétitif sur un marché très compétitif, améliorer les contrats avec la télévision, aider les joueurs à éviter les blessures et à jouer moins. Nous avons immédiatement accepté de jouer la finale au meilleur des trois sets. Un certain nombre de choses ont déjà été mises en place. Mais il faut essayer de voir cette idée de base qui consiste à se rapprocher des spectateurs. Quand vous regardez ce tournoi, je ne vois pas comment on peut faire plus pour se rapprocher des spectateurs et pour mettre en valeur le tennis car nous avons eu comme je l’ai dit 109 mille spectateurs. Je ne sais pas si un nouveau Masters Series, qui arrivera probablement un jour, pourra faire la même chose. C’est ce qui manque dans ce plan : des garanties.

Q. Deux choses principales ont changé depuis l’année dernière : le tableau est passé à 56 joueurs au lieu de 62 et la finale se joue en deux sets gagnants au lieu de cinq. Vous êtes d’accord avec ces deux changements ?
R. Dans un partenariat, c’est comme cela que j’aime appeler la relation entre les directeurs de tournoi et les joueurs et par-dessus, l’ATP, il doit y avoir des compromis, on prend et on donne. Lorsque cela a été proposé, bien sûr que nous n’étions pas favorables à deux sets gagnants (j’espère que nous n’aurons pas 6/1, 6/1 cet après-midi, ou une blessure !). Le but des 56 joueurs était de donner aux meilleurs joueurs qui jouent la finale d’avoir une journée de repos et de jouer un match en moins. Nous n’en sommes pas contents, mais après en avoir débattu, nous avons accepté. Nous pensions que c’était notre part des responsabilités, de donner, et d’aider les joueurs, je ferais tout pour leur donner un jour ou une année de plus sans être blessé. C’était notre part donc, en attendant qu’un jour nous demandions quelque chose aux joueurs. C’est ce que j’appelle un partenariat.

Q. Au sujet de Monte Carlo, Federer nous a expliqué en conférence de presse que les tournois aux Etats-Unis ont plus de spectateurs alors que vous avez atteint votre potentiel maximum. C’est peut-être là où se situe le problème de Monte Carlo?
R. Non. Nous avons des projets d’extension du stade. Ces plans ont été soumis à l’approbation de l’ATP, nous avons donc fait ce que nous pouvions avec ce que nous avions pour l’instant. Ces plans prévoient l’accueil de 3500 spectateurs de plus du coté de la mer. Nous essayons d’agrandir le stade dans cette direction, nous ne restons pas passifs. Nous essayons d’aller de l’avant.

Q. Dans le programme officiel, les vainqueurs avant 1969 ne figurent pas. Nous devrions pouvoir les trouver, ainsi que sur le site Web. Par exemple, si nous voulons savoir la dernière fois que les deux mêmes finalistes ont joués deux années de suite, on ne le trouve nulle part. La seule manière a été de chercher dans des livres. En fait, c’était en 1939 et 1946, le match Pelizza contre Petra.
R. J’ai bien compris, Ubaldo. J’admire votre expertise en statistiques. Je ferai en sorte de remonter plus loin en arrière.

Q. Avez-vous parlé du problème du tournoi avec les autorités de Monaco?
R. A plusieurs reprises, oui. Nous avons le même soutien qu’avant de la part des autorités Monégasques, surtout maintenant. Nous avons leur soutien total. Le tournoi de Monte-Carlo a une grande valeur non seulement du point de vue économique mais aussi sur le plan du prestige. Tous ces événements à Monaco sont une image de style de vie, de prestige pour la principauté. Il est donc logique que nous bénéficiions du soutien total des autorités.

Q. Qui sont ces autorités?
R. Des membres du gouvernement.

 

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