Dimanche, Avril 22, 2007
R. NADAL /R. Federer
6-4, 6-4
Q. Qu’est-il arrivé à votre coup droit aujourd’hui?
R. Des erreurs, trop d’erreurs je suppose. Je ne suis pas content de ma performance avec mon coup droit. Cela m’arrive rarement car c’est mon meilleur coup. Je suppose que c’est un peu différent contre Rafaël. Il faut toujours pousser, et j’ai raté juste un peu trop de coups droits, ce qui lui a permis de prendre mon service au premier set. J’ai manqué mes occasions sur les balles de break et été mené de nouveau d’un break au second. C’était décevant.
Q. A part le coup droit, que devriez vous faire pour le battre sur terre battue?
R. Ne pas faire ces erreurs, et convertir les occasions que j’ai eu au début. Je jouais facilement et solide au début et j’ai pu me créer des occasions. Il n’a pas eu de balles de break. Malheureusement, le match a tourné avec quelques erreurs. Ce match m’a apporté quelques informations. Je considère que je suis absolument au niveau par rapport à lui sur terre battue, c’est ce que je voulais sentir. C’est toujours décevant de perdre mais en ne jouant pas bien, le match était quand même serré. C’est une bonne chose.
Q. Vous avez joué 19 sets contre lui et n’en avez gagné que 5. Presque un sur 3 seulement. C’est un gros écart. L’explication est-elle au niveau technique ou mental? Vous devenez tendu quand les choses ne vont pas bien ?
R. Vous parlez de la terre battue ?
Q. Oui, oui.
R. Je ne sais pas. Vous avez vu ses résultats sur terre battue ?
Q. Oui.
R. Et bien, il en gagné quelques uns d’affilée ! Il est un excellent joueur, ne l’oublions pas. Vous parlez comme s’il se jouait de moi. Ce n’est pas le cas. Les derniers matches ont été très serrés, et la terre battue est sa meilleure surface, pas la mienne. Et pourtant cela se joue à pas grand-chose. Pour moi, c’est bien de jouer quatre finales sur terre battue. Ok, j’ai perdu quatre fois contre Rafa. Je préfère cela que d’avoir perdu contre quatre joueurs différents. Je me sens en bonne forme pour le reste de la saison sur terre, et il va falloir attendre Roland Garros pour voir qui gagne.
Q. Est-ce là où Tony devient utile? Vous pouvez analyser tous les deux ce que vous considérez comme des informations nouvelles et les utiliser sur cette surface, qui est celle où vous voulez progresser ?
R. Oui, c’est toujours bien quand vous avez quelqu’un qui voit le match de l’extérieur. Mais je comprends mon jeu très très bien. Je sais ce qu’il va falloir travailler dans les prochaines semaines. Physiquement, je suis bien. Je n’ai eu aucun problème du tout aujourd’hui. Bien entendu, ce n’était pas un match en quatre ou cinq sets qui aurait pu me donner plus d’informations aussi sur le plan physique. Il sera intéressant de voir comment cela se passe cette année où nous n’aurons pas de matches en cinq sets avant Roland Garros, ce que nous avions eu l’année dernière ici et à Rome. Mais nous allons certainement en discuter et je vais voir ce qu’il en pense.
Q. Je voulais dire tout à l’heure que cela était peut-être mental? Parce que même au service, qui n’a pas beaucoup à voir avec Nadal, vous n’avez pas aussi bien joué que d’habitude. Le pourcentage de premières balles est bas et sur les deuxièmes balles, vous avez perdus beaucoup de points. Quelque chose vous rend-t-il fébrile ou anxieux quand vous jouez contre lui ?
R. Il est gaucher, donc il faut servir différemment. Je ne sais pas. Vous posez de drôles de questions aujourd’hui, sérieusement. Il faut jouer contre Rafa autrement que contre Ferrer ou Ferrero. Je joue 95% du temps contre des droitiers, alors quand je joue contre un gaucher, c’est évidemment différent. Il joue contre des droitiers tout le temps, il n’a pas besoin de changer son jeu. J’estime qu’il a là un petit avantage. C’est cela que j’ai essayé de faire ces dernières années. Je joue mieux contre les gauchers, car j’ai un coach gaucher aussi. Faire beaucoup de balles avec lui aide beaucoup. Ce n’est donc pas seulement une question de service, ou de ceci ou cela, il faut être dans un bon jour contre lui. J’ai été très près de passer contre lui, j’ai très bien joué, mais sur terre battue, il faut en plus un bon jour.
Q. Après ce que vous avez vu de son jeu aujourd’hui et cette semaine, pensez-vous que Rafa a fait évoluer son jeu sur terre battue depuis l’année dernière, il est meilleur ?
R. J’ai trouvé qu’il jouait comme l’année dernière, pour être franc. Il a un fond de jeu tellement solide, parce qu’il joue de la même façon toute l’année. Rien ne change pour lui, que ce soit sur dur ou terre battue. Alors quand il arrive sur terre battue, ses déplacements lui sont bien utiles, parce qu’à mon avis, il est le meilleur en déplacements sur terre battue. Il est né sur cette surface, donc tout marche en sa faveur. Il a dominé tout le monde cette semaine. Je m’attendais à ce qu’il ait des difficultés l’année dernière, mais après l’avoir vu si bien jouer, je le vois très fort cette année encore.
Q. Pouvez-vous tirer des enseignements nouveaux du match d’aujourd’hui?
R. Non, mais c’est bon pour moi de jouer contre lui. Parfois, il fait progresser mon revers. Je pense que ce problème est résolu pour moi. Aujourd’hui, j’ai commencé à faire des erreurs en coup droit mais je répète qu’il peut arriver qu’on ait un creux de 15 minutes sur un coup. Il faut essayer de l’éviter, c’est pour cela que vous vous entraînez et c’est ce qui va faire de vous un meilleur joueur. J’apprécie de jouer contre lui, et lui aussi je pense. Nous pouvons progresser tous les deux en jouant l’un contre l’autre. Ce match n’a duré que deux sets, il n’y a pas beaucoup de tennis, il s’est terminé vite, alors il n’y a pas grand-chose à en dire.





