Jeudi 19 avril 2007
R. FEDERER/H. Lee
6-4, 6-3
Q. Pouvez-vous nous dire ce que vous avez pensé de la réunion, comment elle s’est passée et ce que vous entrevoyez pour l’avenir?
R. Oui. Je suis content qu’il soit venu. Nous avons eu l’occasion de nous rencontrer. Bien sûr, d’autres réunions seront nécessaires. Il y a de nombreux problèmes à discuter. Chaque partie a longuement expliqué son point de vue. Carlos était présent, ainsi qu’Ivan, Rafaël et moi. La réunion a duré environ deux heures. Il va falloir partir de là et continuer à dialoguer.
Q. Des avancées sont-elles possibles d’après vous?
R. Je ne sais pas. Nous avons aussi demandé des compléments d’information, parce que nous avons le sentiment que la circulation des informations n’est pas très bonne. Il nous a formellement promis de nous les donner. C’est comme je dis, il faut continuer le dialogue, même si le temps presse.
Q. J’ai parlé avec Ricci Bitti et il a dit qu’il avait demandé à vous rencontrer, est-ce exact? Apparemment, il ne savait pas que vous étiez mécontent des dates de Coupe Davis dans le calendrier. Personne ne lui aurait dit que vous vouliez jouer la semaine après le Grand Chelem.
R. De quoi parle-t-il ? De toute façon, je vais le voir plus tard.
Q. Votre prochain adversaire n’a pas de bons résultats contre vous. Il n’a jamais gagné un set. Pensez-vous que c’est un avantage pour vous?
R. J’espère bien !! J’ai joué contre lui l’année dernière. C’était un excellent match. Un match fantastique pour moi ! Des points très disputés, très accrochés, et à la fin, je suis sorti vainqueur, par une magnifique journée…Il faut que je m’habitue aux conditions ici. Le court était très rapide lors du premier match et très lent pour le deuxième. C’est bien pour moi d’avoir connu les deux extrêmes, car je suis prêt à toute éventualité pour le prochain match. C’est un très bon joueur, surtout sur terre battue. C’est là où il a le plus confiance. Ce sera dur de le battre. A Bâle l’année dernière, j’ai eu un match très dur contre lui. Les trois sets ont été difficiles, et ne pas avoir perdu de sets ne veut pas dire grand chose.
Q. Avez-vous eu le sentiment de mieux courir aujourd’hui?
R. Peut-être un peu. Mais je pense tout de même que le match était moyen de mon coté. J’ai eu beaucoup de mal avec les conditions. Ce n’était peut-être que mon timing au début. Je sortais beaucoup de balles et n’arrivais à garder la balle en jeu. Une fois que j’y suis arrivé, j’ai complètement maîtrisé le jeu. Je ne me suis jamais senti inquiet aujourd’hui, ce qui est bon signe, surtout aussi tôt dans la saison.
Q. Vous êtes un être humain. Est-ce difficile de trouver le déclic pour passer d’un match moyen à un tout autre niveau?
R. Ce n’est jamais garanti. Il faut toujours se mettre dans la position de celui qui va faire la différence. Pour cela, il ne faut pas se laisser distancer, ni mener au score. Quand on est mené, les choses deviennent difficiles. C’est pareil dans tous les sports : le foot, le golf, le hockey. Il faut mettre la pression. Il faut faire en sorte, au début des sets, au moment où c’est un peu ennuyeux, de ne pas se faire mener. A 4/3, il est important de ne pas perdre son service, de rester à égalité ou de mener soi-même 4/3. C’est là où l’on peut faire la différence et montrer qu’on est le meilleur à la fin du set.
Q. Contre Seppi, puis aujourd’hui, on voit que vous maîtrisez la situation jusqu’au moment où vous êtes prêt à décoller?
R. Oui. J’ai été content de pouvoir mettre un peu le feu comme ça, au moment où j’en ai eu besoin. Les tie-breaks ont été importants, cela fait toujours du bien de les gagner. Et là, c’était un match convainquant en deux sets. J’espère que le suivant sera meilleur.
Q. Pour revenir à la politique du jeu, vous et Rafa vous êtes exprimés il y a deux jours, et le président de l’ATP et le président de l’ITF ont pris l’avion pour venir. Cela vous fait-il prendre conscience de la responsabilité et du pouvoir qui incombent au N°1 et au N°2? Quand ils veulent changer quelque chose tout le monde accoure. Cela vous donne-t-il à réfléchir ? Regrettez-vous de ne pas avoir eu ces conversations plus tôt ou vous réalisez seulement le pouvoir et l’influence que vous avez dans ce sport ?
R. Nous voulons éviter une mauvaise presse pour le tennis, mais nous voulons aussi avoir notre mot à dire, et je pense que nous avons affirmé ce point très clairement. C’est bien de voir qu’Etienne et Francesco sont venus pour nous calmer après les discussions d’il y a quelques jours. C’est la raison pour laquelle nous parlons beaucoup dans les vestiaires les uns avec les autres, pour voir quel est le plan pour l’avenir. Pour l’instant, l’important est de nous unir et de voir si nous sommes satisfaits de ce qu’Etienne a dit, et de ce que Francesco va me dire ? Il s’agit pour l’instant d’écouter et d’analyser.
Q. Avez-vous été content de la façon dont cela a été relayé? Vous avez rempli votre rôle. Avez-vous écouté ou lu la presse ?
R. Oui, des deux cotés. Par contre ce qu’a dit la presse, c’est autre chose. Du point de vue des joueurs, nous avons fait passer notre message et lui le sien. De ce point de vue, c’était une bonne réunion. Pas de cris, une réunion normale…Nous en avons eu beaucoup qui ne l’ont pas été, je peux vous le dire !
Q. Vous allez jouer contre Nadal à Majorque en Mai, moitié herbe, moitié terre battue. Qu’en pensez-vous?
R. Je trouve que c’est amusant. L’idée a germé il y a six ou neuf mois, et j’ai dit que ce serai amusant de faire quelque chose comme ça. Cela n’a jamais été fait. C’est un peu fou, et les gens pourraient dire que le moment est mal choisi… On aime aussi jouer au tennis pour le plaisir, pour changer ! Il n’est pas nécessaire de toujours être sérieux à mort sur le court. On s’est bien amusé lors de notre match en Corée du Sud, on aime jouer l’un contre l’autre dans les exhibitions. Ce n’est pas le résultat qui compte. C’est de s’amuser…Et Majorque est un endroit où je ne suis jamais allé. C’est chez lui. Il est venu à Bâle, lui. Ce sera intéressant et il y aura une bonne ambiance.
Q. Ricci Bitti a dit que vous avez été informé par l’ATP plus que lui-même, parce qu’il a dit.
R. Il a dit, il a dit. Je vais voir ce soir ce qu’il dit.
Q. Vous avez le sentiment que ces réunions ont rapproché les joueurs?
R. Oui, absolument. C’est le cas depuis un an ou deux. On a essayé de réunir les joueurs plus souvent et de parler ensemble. Je suis heureux de voir qu’enfin nous avançons ensemble dans la même direction. D’habitude, il y a les joueurs de gazon, ceux de terre battue, ceux qui jouent sur court couvert, mais c’est bien de parler les uns avec les autres. Grâce à cela, le tennis avance dans la bonne direction.





