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Vendredi 20 avril 2007

T. BERDYCH /R. Soderling

5-7. 6-3, 6-0

Interview de: TOMAS BERDYCH

Q. Comment avez-vous vécu ce match ? Vous avez gagné 12 jeux d’affilée, vous aviez le rythme pour cela?
R. Oui, mais peu importe s’il s’agit de 12 jeux d’affilée. On compte douze jeux et si c’est étape par étape, c’est pareil. Je n’ai pas bien débuté le match d’aujourd’hui, mais ensuite les choses ont changé. Je suis vraiment content de pouvoir être assis ici devant vous et de me préparer pour la demi-finale de demain.

Q. Quel est votre meilleur résultat sur terre battue? Même si vous avez un bon rythme, quel est le meilleur résultat de tous ? Comment vous sentez-vous sur terre battue ?
R. En République Chèque, on joue sur terre battue la moitié de l’année, et l’autre moitié sur dur, indoor. J’ai donc l’habitude de la terre battue, je n’ai pas de problème. C’est un bon résultat ici, et mon premier titre était dans un tournoi de terre battue. J’ai aussi gagné le Masters Series de Paris qui est indoor. Il n’y a pas beaucoup de différence entre ces deux surfaces pour moi.

Q. Vous ajustez votre jeu à la terre battue, ou pas vraiment? Vous l’adaptez un peu ?
R. Je peux, oui. Je peux m’adapter et jouer sur les deux surfaces. Dès le plus jeune âge, on joue sur terre battue et indoor, on est donc habitué aux deux surfaces.

Q. Avez-vous plus de pression du fait que vous avez battu Federer et que vous gagnez presque toujours contre Nadal? Vous mettez-vous la pression, voulez-vous toujours gagner ? Etes-vous déçu quand vous perdez, ou pas ?
R. Bien sûr que je suis déçu quand je perds. Comme tout le monde, je pense. Perdre un match n’est jamais agréable. Mais si vous n’êtes que 50ème et que vous arrivez en demi finale, tout le monde dit : c’est formidable ! C’est la première fois, etc…Mais si vous avez déjà de bons résultats et que vous pensez avoir le potentiel de battre de bons joueurs, et que les gens disent que vous pouvez battre les meilleurs, bien sûr que la pression est alors plus grande. C’est le tennis. On est seul sur le court et il faut se battre contre toutes les choses autour.

Q. Dans l’hypothèse où Nadal battrait Kohlschreiber, êtes vous excité de jouer une fois de plus contre lui?
R. On joue souvent l’un contre l’autre. La plupart du temps on se rencontre sur court en dur, je pense que j’ai l’avantage. Cette fois-ci, c’est sur terre, je pense que l’avantage est à lui. Il a gagné deux fois déjà. Je vais juste essayer de lui rendre la tâche la plus difficile possible et on verra bien.

Q. Pensez-vous pouvoir le battre sur terre battue?
R. Pourquoi pas ? Les chances ne sont peut-être pas 50/50, mais oui. Il est le favori sur cette surface, mais on ne sait jamais. Si vous m’aviez demandé avant le match si je pouvais battre Federer, je vous aurais dit jamais de la vie. Peut-être à un pour cent. Or, j’ai gagné, donc cela peut arriver.

Q. Nous ne savons pas grand-chose à votre sujet. Vous préférez peut-être rester au calme, loin des feux de la rampe, plutôt que de faire la une? Vous semblez calme et timide…
R. Cela dépend. Il y a des joueurs comme Djokovic ou d’autres d’un coté, et de l’autre des joueurs comme moi. Mais il y a aussi des joueurs comme Murray où tout le monde fait un grand battage autour de lui : il a tel coach, il est Anglais…

Q. Ecossais !
R. Pardon !

Q. Très différent !
R. Oui. Ils en font beaucoup autour de lui. Cela dépend du pays d’où l’on vient.

Q. Vous préférez plutôt être en dehors de toute l’effervescence permanente?
R. Oui. C’est mieux pour moi. J’ai toujours vécu comme ça depuis petit. Si brusquement, les choses changent à 180°, ce ne sera pas bon pour moi sans doute. Mais on ne sait jamais. Je suis comme je suis, et c’est bien pour moi.

Q. En République Chèque, êtes-vous une star que tout le monde arrête dans la rue pour demander des autographes ?
R. Pas trop. Récemment, la popularité du tennis devient de plus en plus grande, mais le football et le hockey sont toujours devant. Le tennis n’est que numéro trois. Mais cela progresse. Avec les résultats de plus en plus nombreux, ce sport sera mieux reconnu et on verra…

Q. Les journaux people parlent de vous et Lucie Safarova et tout cela ? Cela vous est égal ?
R. Cela dépend des résultats, je crois. Si vous avez de bons résultats, ils viennent et veulent tout savoir. Mais si vous n’avez pas de résultats, ils restent loin.

Q. Qui apparaît le plus sur les couvertures de magazine, vous ou votre petite amie ?
R. Cela dépend des résultats. Si je suis en demi-finale et qu’elle n’est pas en tournoi, c’est moi… Ils écrivent sur les résultats. Mais les journaux n’en parlent pas tous les jours, loin de là !!

Q. Vous êtes sans doute connu surtout pour votre geste après le match contre Nadal l’année dernière, votre réaction était très intéressante après avoir battu Nadal. Cela a-t-il fait de vous une personne plus forte pour avoir dû faire face à toutes les réactions le jour suivant ?
R. Les moments qui ont suivis, le match contre Gonzales, ne m’étaient jamais arrivés avant. J’ai pourtant joué en Argentine pour la Coupe Davis, c’était dur, mais rien comparé à cela. C’est une sacré expérience ! J’en suis sorti, c’est derrière moi. On dit que ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort.

Q. Vous entendez-vous avec Rafaël, en tant que personnes ?
R. Si nous nous rencontrons dans les vestiaires, nous nous disons simplement bonjour. C’est tout. C’est comme avant, il n’y a rien de différent. Je peux le répéter, c’est peut-être un peu plus émotionnel de son coté. Ou peut-être pas. C’est du passé.

Q. Et entre vous et Santoro, cela va mieux ?
R. Avec Santoro, je ne sais pas. C’était à Wimbledon, il faut lui demander à lui. Il a commencé à me parler, et peut-être qu’il ne m’aime pas ? C’est son choix. Cela m’est égal.

Q. Etes-vous le genre de joueur qui tire un avantage d’une foule hostile ? Vous aimez ça ?
R. Si la foule est contre moi ou avec moi ?

Q. Contre. Cela vous donne de l’énergie ?
R. C’est une question difficile ! Dans un match comme contre Gonzalez, en aucun cas cela peut vous aider, ou vous donner de la force. Mais si l’ambiance est comme dans le match précédent, contre Nadal, d’accord, ce n’était pas si fort. C’était une ambiance du style Coupe Davis. Si vous êtes en forme et que vous jouez bien, cela peut stimuler, mais si vous êtes démoralisé et en train de perdre, cela ne peut pas aider.

Q. Dans vos deux derniers matches, et en tout cas aujourd’hui, vous avez été mené, et vous êtes revenu formidablement bien. Comment vous sentez-vous physiquement, car le match contre Nadal va évidemment être très physique ?
R. Oui. Je n’ai aucun problème avec ma forme physique. Je me sens très bien. Nous jouons seulement au meilleur des trois sets, il faut être prêt, mais cela n’a rien à voir avec des matches en cinq sets, là, il faut être beaucoup plus fort. Je me sens bien, je crois que je suis prêt pour le prochain match.

Q. Quand vous cherchez un partenaire d’entraînement, vous demandez à n’importe quel joueur, où il y a quelqu’un en particulier avec qui vous aimez vous entraîner ? Demanderiez-vous à Nadal, ou vous préférez vous abstenir ?
R. Avant l’incident à Madrid, nous nous étions entraîné ensemble quelques fois. Mais depuis, il n’y a eu qu’un tournoi à Paris, Masters Series…Pour l’instant, non. Il faudra peut-être un peu de temps, et tout ira bien à nouveau. Mais avant, il n’y avait pas de problème, nous nous entraînions ensemble.

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