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Mercredi 18 avril 2007

D. FERRER/J. Benneteau

6-1, 7-5

Interview de: JULIEN BENNETEAU

Q. Ton avis sur le match?
R. C’est le deuxième sur terre battue. Toute approximation se paye plus cher sur terre battue. J’ai donné trop de points gratuits. C’est lié au fait que ce n’est que le deuxième match. Malgré cela, j’ai trouvé des solutions pour revenir au score et pour l’embêter. Mais je n’ai pas bien retourné, ce qui est en principe mon point fort. J’ai mieux joué dans le deuxième. C’est dommage. A la fin du deuxième, j’ai moins bien servi et moins bien retourné. Je savais qu’il fallait être agressif pour revenir, mais je n’ai pas pu passer devant car il a sorti quelques très bons coups. Je n’ai pas encore assez de repères sur terre pour pouvoir jouer naturellement. Je suis entre deux eaux.

Q. Il était un sérieux client sur terre battue?
R. Oui, il est très complet. Avec mon coach, on s’est dit que ce match était rassurant. Il est assez positif pour le premier tournoi, après quelques sets dans les jambes seulement, de pouvoir produire ce niveau de jeu intéressant à la fin. Je dois mettre plus d’intensité et de rigueur dans mes entrainements.

Q. Les joueurs espagnols ont quoi de plus?
R. Ils jouent sur cette surface depuis l’âge de 8 ou 10 ans, et toute l’année. Nous n’avons pas gagné Roland Garros depuis vingt ans. Quand on est jeune, on joue sur terre battue, mais après il n’y a pas de courts en terre battue (j’ai entendu que Poitiers allait s’y mettre). C’est une autre mentalité, il faut plus de patience, plus de condition physique et être plus fort mentalement. Il faut commencer dès le plus jeune âge. En France, on ne joue sur terre battue que 8 semaines par an !

Q. Est-ce un leurre, une utopie de dire en France qu’il faut gagner Roland Garros?
R. Il faut se donner les moyens de ses ambitions. Il faut faire la tournée Sud Américaine, des stages…Il faut passer du temps sur la terre battue. S’entraîner physiquement. Mais le calendrier donne une faible marge de manœuvre, il n’y a pas de temps de transition. On a les moyens, mais les espagnols sont élevés sur cette surface.

Q. Roland Garros se joue au meilleur des cinq sets, les Français
R. ont-ils une faiblesse sur le plan physique? Ils sont souvent blessés…Gasquet a du mal à tenir, peut-il jouer sept matches ?
S. Si les matches sont en trois sets, il peut rester frais. Mais je pense qu’il faut le laisser un peu tranquille. De plus en plus, il joue simples et doubles. Hier, il s’est battu comme un champion et là, il bat Hrbaty en deux sets. L’année dernière, en jouant les doubles en plus, je suis arrivé en quart de finale.

Q. Polo a très bien joué contre Nadal l’année dernière, il peut le refaire?
R. Oui. A chacun de se préparer comme il l’entend pour être au mieux.

Q. Tu penses qu’on demande trop à Gasquet?
R. Oui et non. C’est un prodige à la Federer et Nadal, mais Nadal, qui a le même âge, a déjà deux Grands Chelems à son actif. Richard a été très fort très tôt. Mais il est moins mûr que Djokovic, Nadal ou Murray. Peut-être qu’il gagnera un Grand Chelem dans quatre ans. Tout dépend comment il est entraîné et avec qui. Il a un chemin atypique. A 15 ans, il était le petit Prince de Monaco. Là, il est quinzième mondial, il a perdu contre Youzni 8/6 au cinquième. Il a été pris comme bouc émissaire, alors que je ne suis pas sûr que ce soit de sa faute. Il n’est peut-être pas capable aujourd’hui de donner plus.

Q. En Coupe Davis, tu avais espéré être le cinquième homme?
R. Même dans les quatre ! Guy a fait un choix, j’ai été déçu comme tous les joueurs qui n’ont pas été pris. Quand j’ai vu qu’Arnaud ne jouait pas le double, j’ai pensé que je pouvais avoir cette place. Mais maintenant, c’est fait.

Q. Que vas-tu faire maintenant?
R. Le double avec Richard, m’entraîner ici et aller à Casablanca.

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