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Jeudi 20 avril 2006

Santoro-Zimonjic/ Henman-Murray

6-3, 3-6, 10-8

Interview de: TIM HENMAN et ANDY MURRAY

Q. Tim , pas de chance. Que pensez-vous du nouveau format des doubles ? Cela vous plaît ou pensez-vous que…

TIM: J’apprécie et je pense que cela convient aux joueurs de simples parce que cela raccourcit le match. Cela permet de voir un match se renverser rapidement parce que si vous gagnez les deux premiers points pour mener 30-0, ou si au contraire vous êtes mené 30-0, vous avez la sensation que le jeu se déroule rapidement. Il est certain qu’avec simplement un tie-break pour le troisième set, la formule est attirante. Mais je comprends très bien les spécialistes du double qui pensent que c’est davantage une loterie. En tout cas, je me suis bien amusé sur le court. Nous avons joué du bon tennis.

Q. Andy, comment était-ce de jouer avec Tim ?

ANDY: C’était bien. J’ai été un peu déçu par sa première volée (rires). Non, c’était génial. J’ai bien sûr beaucoup appris en jouant avec lui. Il possède sans doute la meilleure volée du tennis en ce moment. La mienne n’est pas exactement la meilleure, j’ai donc beaucoup de travail devant moi. Mais c’était bien. Nous nous sommes bien amusés. Nous avons bien joué pendant la plus grande partie du match. Simplement, quand on ne joue pas beaucoup en double, on ne joue pas bien les points importants par rapport aux adversaires et c’est la raison pour laquelle nous avons perdu.

Q. Andy, vous avez été harcelé à la volée à certains moments. Avez-vous eu envie de leur rappeler qui était le numéro 1 britannique ?

ANDY : Pas le numéro 1 britannique à la volée ! (sourire). Mais en effet, je pense qu’ils ont changé de tactique vers le début du deuxième set parce que nous, nous avions beaucoup d’occasion sur leurs jeux de service alors qu’eux n’en avaient pas trop sur nos services. Ils ont commencé à jouer beaucoup sur moi. J’ai réussi à en renvoyer quelques unes. Malheureusement, au bout de la quatrième ou cinquième volée, ma volée n’était plus assez solide et j’en ai trop raté.

Q. Au fur et à mesure que le match se déroulait, plusieurs d’entre nous ont pensé qu’il serait bon d’avoir cette équipe en CoupeDavis. Y-a-t-il une chance, à votre avis  un jour ?

TIM : Il ne faut jamais dire «jamais », mais c’est difficile. J’ai pris une décision concernant la CoupeDavis et je me sens bien avec cela. Je pense que personne ne peut contester mon engagement envers cette épreuve au cours de la dernière décennie. Si jamais mon cœur balançait autrement, comme mon dialogue avec Jeremy a toujours été bon, je le lui ferai savoir. Mais, comme je l’ai dit, pour l’instant, je ne pense pas que cela va changer mais j’ai toujours insisté sur le fait qu’il ne faut jamais dire « jamais ». J’ai toujours bien apprécié les doubles. J’ai beaucoup aimé jouer avec Andy. Les doubles sur terre battue sont encore plus agréables. Quand vous jouez sur des surfaces vraiment rapides, il est vraiment difficile de rentrer dans le service adverse. Sur terre battue, on peut vraiment varier les coups. Cette période de l’année sur terre battue est bénéfique. Quelquefois, quand vous avez joué beaucoup de matches en jouant bien en simple, vous ne ressentez pas forcément le besoin de cet exercice supplémentaire, mais je pense que tous les deux, nous tirons profit de ces matches.

Q. Et pour d’autres tournois cette année, y-t-il une chance de rejouer ensemble ?

TIM : Sur terre battue, je ne serais certainement pas contre parce que, comme je l’ai dit, il est important de s’habituer à jouer des matches sur cette surface. Cela dépend si nous pouvons entrer dans le tableau. Nous avons eu de la chance de pouvoir y entrer ici. Déjà je dois essayer d’entrer dans le tableau des simples avant de parler des doubles ! (sourire)

Q. Si vous étiez obligé de jouer les qualifications à Rome ou à Hambourg, le feriez-vous ?

TIM : Probablement pas pour l’instant. Mais je reste optimiste. Je surveille Agassi et Hewitt et peut-être Johansson, Novak et Verkerk.

Q. Greg.

TIM : Oui, peut-être que Greg pourrait me rendre un service (sourire). Il est réaliste de penser que je pourrais peut-être entrer dans le tableau à Hambourg. J’ai vraiment envie de jouer si je peux. Il suffit d’attendre pour voir.

Q. Andy, est-ce utile de jouer en double avec Tim pendant une heure et quinze minutes ? Qu’apprenez-vous en parlant avec lui et en jouant ces points ?

ANDY : C’est difficile à dire. Je peux apprendre des choses comme la concentration et comment reconnaître un point important et comment, à 30-0, continuer à mettre la pression sans jouer un ou deux mauvais points. Il est évident que Tim a beaucoup plus d’expérience que moi et il sait quand il faut maintenir la pression. Mais c’est aussi quand nous nous entraînons ensemble que j’apprends beaucoup. Nous avons de bonnes conversations ensemble. Donc, Tim m’a beaucoup aidé. « Merci de ton aide » (rires).

Q. Comment s’est déroulée l’interaction entre vous ? Quelques bons mots aujourd’hui ?

TIM : Le coup du hasard à la fin. Nous avons tous les deux eu notre tentative pour gagner le point de « la mort subite ». Nous n’avons pas vraiment pu décider. Cela a donc été le coup du hasard, pile ou face, et c’est lui qui a gagné, donc c’est lui qui l’a fait. Mais Zimonjic a fait le meilleur service du match sur ce point-là, donc cela a été dur.

Q. Comment avez-vous vécu ce match contre Zimonjic après qu’il ait gagné Wimbledon il y a deux ans ?

TIM : J’ai pu voir ses points forts mais aussi ses points faibles. C’est un joueur puissant. Il peut servir très fort. Mais tous les deux, nous avons senti que lorsque nous avions une deuxième balle nous pouvions jouer sur lui au filet parce qu’à notre avis, il ne volleye pas aussi bien que Fabrice. Je pense qu’Andy a vraiment donné le coup de massue. Quand vous jouez avec ce format et que les jeux sont si courts, quand vous avez un point de « mort subite », ce point devient énorme parce qu’il peut aller dans les deux sens : soit balle de jeu, soit balle de break. Si vous gagnez une juste part de ces points, je pense que vous êtes en bonne position pour le match.

Q. Andy , pouvez-vous nous dire quel est votre programme pour les prochaines semaines ?

ANDY : Oui, je joue à Barcelone la semaine prochaine, puis Estoril. Je verrai comment je joue à Barcelone. Je serai content de pouvoir m’entraîner à Barcelone ces prochains jours avant que le tournoi ne commence. Ensuite, bien sûr, je vais à Rome et à Hambourg et j’aurai une semaine de repos avant RolandGarros.

Q. Tim , appréciez-vous la compagnie d’Andy ? Et l’idée si possible de lui transmettre un peu de votre expérience et de votre savoir-faire à un moment très important de sa carrière ?

TIM : Oui, absolument. Oui, j’aime beaucoup cela.

Q. Que pouvez-vous faire ?

TIM : Je trouve que c’est important, quand nous parlons ensemble de son jeu, comme aujourd’hui. Il ne s’agit pas vraiment de ses coups en eux-mêmes parce qu’ils les possèdent tous. Il s’agit plutôt du mental car là, on peut apprendre par l’expérience. Je pense que c’est un aspect de mon expérience que je peux faire passer. Je peux dire : « Voilà un domaine sur lequel nous avons travaillé, il a fallu un certain temps pour le mettre au point, mais c’est très, très important et c’est quelque chose sur quoi il faut se concentrer maintenant ». Je me souviens de Jeremy quand il m’a aidé au moment où j’étais en train de monter au classement. J’étais un peu plus âgé qu’Andy. Mais ces choses sont importantes parce qu’il faut savoir se concentrer sur les aspects clés. A mon avis, beaucoup dépend du mental.

Q. Avez-vous quelques nouvelles idées au sujet d’un nouveau coach ?

ANDY : Tim (rires).

TIM : Je ne crois pas qu’il pourrait payer mes services (sourire).

ANDY : Non, j’ai réfléchi, mais je n’ai pris aucune décision. Je ne veux pas me précipiter pour l’instant parce que c’est une période importante de l’année. Il se peut que je prenne quelqu’un pour voyager avec moi pour les deux prochaines semaines, mais pas un coach à plein temps. Je vais peut-être prendre une décision avant Rome et Hambourg, ou bien juste avant RolandGarros, je ne sais pas encore.

Q. Est-ce que Jean-Pierre est important pour vous deux ? Il est de bonne compagnie, quelqu’un d’agréable à fréquenter. Andy, vous a-t-il aidé dans les circonstances actuelles ? Est-il un bon compagnon de voyage ? A-t-il un effet stabilisant sur vous ?

ANDY : Il est très positif et il veut le meilleur pour vous. Et pas seulement cela, il est très bon dans son travail. Il vous maintient en bonne forme. Il vous administre les bons traitements.

TIM : Chiropraticien de métier, pas entraîneur physique. Sinon, il se sent insulté.

ANDY : Oui, et il est aussi docteur. Il aime cela.

TIM : On va vous envoyer son –

Q : CV

TIM : C’est ça.

ANDY : Sérieusement, il est formidable, il aide beaucoup, il vient à tous les Grands Chelems et à tous les Masters Series.

 

 

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