Lundi 17 avril 2006
R Federer/ N Djokovic
6-3, 2-6, 6-3
LE MODERATEUR: Questions pour Roger, s'il-vous-plaît.
Q. Quelles sensations avez-vous eues en rejouant sur la terre battue?
R. Et bien, ça s'est bien passé. Cela fait une semaine que je suis sur terre battue, mais en entraînements, mais un match, c'est évidemment différent. Mes sentiments sont partagés, en fait. Je pensais que j'aurais pu bien mieux jouer. Mais, une fois de plus, vous savez, je suis très content de m'en être sorti à la fin, parce qu'il ne m'a pas rendu les choses faciles au deuxième set. Il m'a vraiment fait douter pendant un moment. Par contre, j'ai très bien démarré le troisième set, ce qui m'a permis d'être plus détendu. Cependant, à aucun moment du match, je ne me suis senti très bien, alors j'espère que cela va venir pour le prochain match.
Q. On dit de Djokovic qu'il est l'un des jeunes joueurs les plus prometteurs du monde. Est-ce qu'il vous l'a montré aujourd'hui?
R. je pense certainement qu'il est un très bon joueur. Nous allons jouer contre lui en Coupe Davis. Ce sera donc intéressant à voir. Il jouait bien du fond du court et tout et tout. Je pense qu'il lui reste encore beaucoup de choses à améliorer, mais il a sans aucun doute du potentiel, absolument.
Q. Sur quoi avez-vous l'intention de progresser pendant cette saison de terre battue?
R. Pour l'instant, j'essaie surtout de trouver le meilleur jeu possible et d'enchaîner le plus de matches possible et surtout de passer du temps sur la terre battue. Plus je fais cela, plus je m'en sortirai bien, je saurai glisser sur la terre, je saurai comment les points se déroulent et tout et tout. Pour moi, c'est quelque chose de très intéressant de changer de surface, après huit mois en fait sur court en dur. Etre capable d'enchaîner avec une victoire aujourd'hui a été excellent parce qu'après toutes les victoires que j'ai eues, ce n'était pas facile. Parfois, on se met la pression. Je suis donc très content de la manière dont j'ai défendu mes chances aujourd'hui.
Q. Vous avez dit que vous allez le revoir en Coupe Davis. Cela veut-il dire que vous allez jouer cette compétition après tout?
R. Ca, on verra. Je ne sais pas encore. Cela dépend... de mon humeur!
Q. De votre humeur ?
R. Pour l'instant, en effet, oui (sourire).
Q. Maintenant, vous avez eu l'occasion de voir Djokovic. Connaissez-vous bien le reste de l'équipe serbe?
R. Je connais Zimonjic depuis un moment déjà. Tipsarevic, un petit peu. Je me suis entraîné avec lui à Doha, et j'ai vu un ou deux de ses matches. Pashanski, je n'ai vu que quelques échanges aujourd'hui pour la première fois.
Q. Pensez-vous que cette équipe peut être une menace pour la v�tre ?
R. Cela dépend si je joue ou pas, n'est-ce pas? Donc, on verra (sourire).
Q. J'aimerais savoir s'il y a quelque chose en particulier qui vous plaît à Monte-Carlo?
R. C'est un endroit tout petit, où tout est intense, où les déplacements sont courts, c'est une ambiance confortable, je dirais. Il y a la mer et les montagnes tout près et plusieurs pays autour. Cela fait de Monte-Carlo une ville, et un pays, très différents. Pour être franc, j'aime bien cet endroit.
Q. Pourriez-vous vivre ici?
R. Je pourrais, mais je ne voudrais pas (sourire).
Q. A quoi pensiez-vous pendant ce deuxième set ? Vous avez perdu deux fois votre service, vous avez dit que vous aviez des doutes, que s'est-il passé au deuxième set?
R. C'était moi qui faisais toutes les erreurs : c'est cela qui s'est passé. Et c'est ce qu'il ne faisait pas, lui : il ne faisait pas beaucoup d'erreurs, et il a joué quelques bons points. Il y a eu ce coup droit que j'ai raté à 30-0 sur mon service qui en fin de compte m'a coûté le jeu. Mais cela peut arriver. J'étais en fait assez content de ma manière de jouer jusqu'à ce moment-là, j'ai juste joué quelques points vaseux au moment où lui, a resserré le jeu. Cela m'a coûté le deuxième set. Puis, en fin de compte, un ou deux breaks, cela n'a pas vraiment beaucoup d'importance.
Q. Quelle est la grosse différence entre un tournoi sur ciment en Amérique ou en été et ici en Europe, tous les tournois en terre battue, entre Monte-Carlo, Rome et Paris ? Je veux dire les balles, l'ambiance.
R. Je pense effectivement que l'ambiance est très différente parce que j'ai l'impression qu'en Europe, on se bat un peu pour avoir de la place. Quand vous venez à Monte-Carlo, Rome ou Hambourg, vous voyez que ces tournois ont des problèmes d'espace, que ce soit pour les supporters ou pour nous, les joueurs... L'ambiance est également différente dans les tribunes, dans la manière d'applaudir. Parfois, vous êtes surpris du bruit qu'ils font ; parfois, vous êtes surpris de la manière dont ils peuvent être pour vous, puis derrière l'adversaire. Cela dépend complètement de l'humeur. A chaque fois que vous allez sur le court, l'humeur est différente. Je crois que cela est particulier à l'Europe.
Q. En regardant vers Roland Garros (on va vous poser beaucoup de questions à ce sujet), vous avez parlé de souvenirs d'enfance de Wimbledon, mais avez-vous des souvenirs de Roland Garros dans votre enfance?
R. Je regardais un peu. Je me souviens d'avoir regardé Muster quand il a eu ce magnifique parcours sur terre battue, en gagnant ici, puis Roland Garros. Je ne me souviens pas trop des matches Chang-Lendl. Ensuite il y a eu Bruguera et Courier et aussi Agassi, une fois, en finale, dont je me souviens un peu, parce que moi, aussi, je jouais un tournoi. Après, en tant que junior, je suis allé jouer là-bas, moi aussi. Donc, j'ai quelques souvenirs, mais pas aussi forts que ceux de Wimbledon.
Q. A votre avis, pourquoi Sampras, Becker et Edberg, ne l'ont jamais gagné ?
R. Chacun d'eux aurait dû le gagner, mais cela ne s'est pas fait. Quand on joue service-volée et deuxième service tout le temps, ce n'est pas facile. Inévitablement, vous tombez contre un joueur dans son bon jour qui retourne à la perfection. Je pense que c'est pour cela que Rafter a si peu gagné de titres à l'ATP, alors qu'il était un très grand joueur. Mais il tombait toujours contre ces joueurs survoltés qui retournaient extrêmement bien et qui aiment avoir des cibles, et sur terre battue les occasions ne manquent pas. Je crois que c'est là l'explication.





