SAFIN/Lee
6-0,7-5
Q. Il me semble que vous auriez pu battre Lee sur un score beaucoup plus facile. Pensez-vous que, parfois, vous ne vous donnez pas suffisamment á fond sur certains jeux ? Cela a un effet sur votre carrière, bien que quand vous avez vraiment besoin de gagner les points importants, vous le faites, mais quand ce n'est pas vraiment nécessaire, vous vous relâchez. Pensez-vous que c'est vrai ?
R. Ce n'est pas exactement vrai, tout d'abord parce que c'est le premier match sur terre battue. Il est difficile de jouer d'entrée un grand tennis, parce qu'il faut s'adapter á la surface. En plus, ce n'est pas sa meilleure surface. Dans ce cas, vous essayez des tas de choses différentes. Alors, quelquefois, sur certains jeux, vous en faites juste un petit peu trop, parce que vous voulez essayer quelque chose de nouveau pour vous adapter á la terre battue. Ensuite, quand vous avez vraiment besoin de gagner, il est évident que vous essayez. Simplement, vous faites des expériences parce que vous avez besoin de trouver les sensations. En ce moment, pour moi, plus j'essaye, mieux c'est. Sinon, on ne peut même pas essayer d'arriver en demi-finale ou même d'avancer avec des adversaires de plus en plus difficiles á jouer. Par exemple, si vous jouez contre un spécialiste de la terre battue, vous ne pouvez pas faire les choses que j'ai faites aujourd'hui. C'est trop risqué.
Q. N'est-ce pas une tactique dangereuse : essayer sans arrêt ?
R. Oui, mais elle est nécessaire. C'est le 1 er match sur terre battue, vous devez faire des expériences, vous devez essayer, parce que la dernière fois que j'ai joué sur terre battue, c'était á Roland Garros l'année dernière, donc il faut retrouver les sensations, il faut essayer des choses nouvelles. Il faut travailler lá-dessus, parce que le jeu est différent de celui sur surface rapide. C'est mieux de le faire dès maintenant au 1 er tour plutôt que dans une demi-finale où cela vous coûte beaucoup plus que maintenant.
Q. Pensez-vous que passer de court en dur á la terre battue est le plus difficile? Quelle transition de quelle surface est la plus difficile ?
R. Je me suis habitué, parce qu'au début cela me prenait énormément de temps simplement pour m'adapter á la terre battue après les surfaces rapides, car les points sont beaucoup plus longs et beaucoup d'autres choses. Mais maintenant, c'est beaucoup plus facile parce que l'on sait ce qu'il faut faire, ce qu'il faut travailler, quel genre d'exercice faire. Donc, en gros, une semaine suffit.
Q. Vous êtes le seul á avoir battu Federer cette année. Préférez-vous le jouer sur dur ou sur terre ? Avec votre type de jeu, quelle est la meilleure surface pour l'affronter ?
R. Nous avons joué 2 fois sur terre battue, mais ce n'étaient pas mes meilleurs matches. Une fois c'était il y a longtemps, en 2001 á Rome. En gros, il fallait que je gagne, et j'ai perdu 7-6 au 3 ème . Il a joué un grand tennis á la finale de Hambourg, et je n'ai pas pu vraiment faire grand-chose, je ne me sentais pas confortable sur le court. Mais en fait, ça n'a pas grande importance parce qu'il joue bien sur toutes les surfaces, comme moi. Il a juste un jeu un petit peu différent, mais pas aussi différent que sur surface rapide.
Q. Mais si c'était á vous de choisir la surface et que vous disiez je veux jouer contre Federer, laquelle choisiriez-vous ?
R. Je préfère la terre battue.
Q. Labadze a dit que la mentalité russe fait qu'avant un match, si vous n'avez pas vraiment envie de jouer, vous n'allez pas vraiment vous donner á fond.
R. Pardon, Labadze a dit quoi ?
Q. Il a dit que selon la mentalité russe, quelquefois, avant de jouer un match, si vous n'avez pas vraiment envie de jouer, vous ne vous en faites pas vraiment. Pensez-vous que c'est vrai ?
R. C'est Labadze, il est géorgien (sourire), c'est Labadze. Il est un cas différent. Avec tant de talent, tant de talent, il n'a jamais pu aller plus loin que les 50 meilleurs, c'est assez triste. En fait, il parle pour lui-même, il se trouve des excuses. Bien sûr, on en arrive á un stade où cela fait de nombreuses années que l'on est sur le circuit et on n'a plus de temps á perdre sur des choses inutiles. Chaque fois, vous entrez sur le court, vous le faites parce que vous gagnez de l'argent, en fin de compte, c'est du business. C'est notre travail. Mais on ne peut pas vraiment, simplement parce qu'on ne se sent pas de jouer, venir sur le court et laisser tomber le match. On fait ça quand on est jeune (inaudible).
Q. Je dis simplement cela parce que j'ai vu Davydenko ne pas vraiment essayer, et vous... ?
R. Il semble, de l'extérieur, qu'on ne force pas. Mais en fait, on le fait. C'est tout simplement que le tennis nous vient naturellement (sourire).
Q. Vous avez eu une période difficile après Melbourne. Y a-t-il une explication ?
R. J'ai juste perdu un peu de confiance. De toutes façons, pendant les 3 dernières années, je n'ai pas eu de résultat particulier dans ces tournois que j'ai joués après Melbourne. A Dubaï, depuis 3 ans, je ne passe pas le 2 ème tour. Indian Wells, même chose. Miami, même chose. Il n'y a lá rien de particulier pour moi. C'est juste le genre de mois où je n'arrive pas á jouer.
Q. Pourquoi ?
R. Je ne sais pas pourquoi. Peu importe á quel point on essaye, á quel point on s'entraîne, á quel point on se donne, á quel point on tente des choses différentes, peu importe si on essaye de ne pas y penser ou au contraire de s'entraîner beaucoup ou de ne pas s'entraîner. De toutes façons, ça ne marche pas. Il doit y avoir une raison quelque part.
Q. Quand avez-vous perdu votre confiance. Vous étiez á Melbourne ?
R. Non, c'est simplement parce que j'ai fait une pause avant Dubaï. J'ai eu une saison vraiment longue. Chaque fois, j'ai bien joué une année, et ensuite je me suis blessé. Alors, j'essaye de prendre mon temps parce que je peux me casser très facilement. Comme on peut le voir, toutes les saisons sont très longues. Certains joueurs jouent même la Coupe Davis en décembre. Donc, il n'y a pas de temps pour récupérer et préparer une nouvelle saison. Il y a un moment après l'Australie où vous avez 3 semaines pour vous reposer. Après, il faut un peu de temps pour s'habituer au court et j'ai perdu confiance.
Q. Vous avez eu besoin de ce repos ?
R. Ça arrive.
Q. Après ces mauvais résultats á la suite de l'Open d'Australie, est-ce que vous avez attendu avec impatience que la saison sur terre battue commence ?
R. Oui, parce qu'en fait c'est ma surface favorite. Elle me donne vraiment plus de chances de revenir. Par exemple, au cours du match, vous avez beaucoup plus d'occasions de prendre le service de l'adversaire. Et quand vous perdez, vous avez beaucoup plus d'occasions de revenir. Sur dur, les matches peuvent aller très vite. Une, deux erreurs et, en gros, le match est terminé. La saison de terre battue est éprouvante, mais je préfère ça.
Q. Maintenant vous allez jouer contre Saulnier. Vous le connaissez. Vous avez joué 2 matches serrés contre lui. Qu'en pensez-vous ?
R. Il a vraiment du talent, et c'est aussi un joueur qui a été sur le circuit depuis longtemps. Il a eu de grandes victoires. Comme il a gagné son 1 er match, il doit bien jouer sur terre battue. On verra, je veux dire, voyons ce qu'il va montrer.
Q. Avez-vous encore le temps d'apprécier votre vie en dehors du tennis. Sortez-vous, faites vous des choses ?
R. Pourquoi vous inquiétez-vous tant ? (sourire)
Q. Je viens juste d'apprendre que vous étiez á Paris la semaine dernière ?
R. Oui, pourquoi pas ?
Q. Je pose simplement la question. Etes-vous heureux ?R. Bien sûr, la vie est trop courte pour perdre son temps.





