R. FEDERER/ Rusedski
6-3, 6-1
Q. Greg, que ressent-on quand on joue contre Roger Federer sur n'importe quelle surface, mais pour vous en particulier sur terre battue ? Cela rend-il les choses plus difficiles ?
R. En fait, j'ai trouvé qu'aujourd'hui j'ai bien démarré. 3-1, j'ai bien varié, avec mon revers slicé le long de la ligne sur le sien. Je jouais très solide, j'ai bien varié dès le début. Mais ensuite, il a repris mon service, ainsi que de la confiance, et ses sensations sont revenues. J'ai commencé á trop en faire, ce qui est normalement ma façon de jouer, un jeu d'attaque. Mais sur cette surface, si on en fait trop et qu'on ne les met pas á 100% dedans, on est en grand danger. Roger a très bien joué, mais j'ai trouvé que je frappais la balle raisonnablement bien. Il suffit simplement que je trouve le bon équilibre sur terre battue. En ce moment, tous ceux qui jouent contre Roger vivent des moments assez difficiles ;
Q. En parlant d'équilibre, allez-vous jouer un tournoi entre maintenant et Rome ?
R. Non. Je vais simplement travailler dur le physique pendant les deux semaines á venir et continuer á améliorer ma forme. C'est tout ce sur quoi je me concentre en ce moment. Je n'ai pas frappé beaucoup de balles de tennis, mais simplement travaillé davantage en salle de gym . Je vais juste travailler beaucoup ma condition physique en vue des matches en 5 sets, suivis de la saison sur herbe. Je vais construire lá dessus.
Q. Allez-vous faire ça chez vous ?
R. Oui, je rentre á la maison. Je suis en train d'essayer d'avoir un billet d'avion pour ce soir. J'espère donc que le téléphone va sonner pour me dire que j'ai une place sur le vol.
Q. Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez vu le tableau ?
R. Je suis connu comme un joueur qui a toujours typiquement un tableau difficile. Donc, il n'y avait rien d'inhabituel. Je crois que pendant mes 14 ans de carrière, je ne me souviens pas d'avoir eu souvent un tableau facile. Donc, je suis maintenant habitué. Il faut simplement tirer profit d'un tableau qui, éventuellement, s'ouvre pour vous. En fait, ce n'était pas une mauvaise chose, parce que cela m'a permis de savoir où j'en suis. En plus, si vous voulez cueillir Federer, il vaut mieux s'y prendre au début. Après, il a vraiment amélioré sa forme, une fois qu'il a réussi á débreaker.. Tous les joueurs contre qui j'ai perdu cette année sont, je crois, dans les 15 meilleurs dans la « course ». Je n'ai pas eu vraiment de mauvaise défaite cette année. J'ai battu tous ceux que j'étais censé battre. J'ai perdu 2 fois contre Federer, une fois contre Roddick, Joachim Johansson, Thomas Johansson et Gonzales, puis une fois aussi contre Tim. J'ai perdu la plupart du temps contre des joueurs dans les 10 ou 15 meilleurs. Tout simplement, quand j'ai des occasions, je les prends. Je pense qu'á Rome, je ne peux qu'avoir un meilleur tableau.
Q. Dans l'idéal, vous voulez évidemment être dans les 32 têtes de série pour Wimbledon ?
R. Oui, en effet, j'aimerais bien. Mais si j'y arrive, très bien. Si je n'y arrive pas, tant pis. Même si je ne suis pas dans les 32, je m'imagine quand même sur herbe, encore parmi les 10 meilleurs joueurs sur herbe qui sont encore lá. Ce serait donc bien d'échapper aux autres spécialistes de l'herbe, bien qu'il y aura de nombreux joueurs dangereux dans le tournoi. Il y aura Arthurs, Philippoussis, moi-même, qui pourrais ne pas être dans les 32. Il y aura des joueurs dangereux, pouvant causer des dégâts, qui ne seront pas dans les 32.
Q. Comment vous sentez-vous physiquement ?
R. Physiquement, mon corps se porte très bien. Je suis en pleine santé, en forme. Je me sens fort. Je n'ai pas pu jouer beaucoup de tennis, cependant (sourire). Mais je frappe bien la balle. Je souhaiterais seulement pouvoir mieux envelopper mon revers, comme je l'ai fait pendant les premiers jeux. C'est lá où on trouve l'équilibre et où on gagne les matches sur terre, parce que c'est très inhabituel. Jouer service-volée est très dur si vous ne jouez pas dans les coins. Sur ce court, quand il pleut comme ça, les conditions rendent ce type de jeu difficile. A Rome et á Paris, vous pouvez un peu jouer service-volée, ce que j'attends avec impatience.
Q. L'année dernière, sur la route menant á Roland Garros, Coria était de toute évidence le joueur en forme. Tout le monde pensait qu'il allait gagner ?
R. Eh bien, il aurait dû, il a eu des balles de match.
Q. Comment voyez-vous les choses cette année ? Cela ne semble pas aussi évident ?
R. Il n'y a pas vraiment un favori très net. Je trouve ça assez passionnant. Il y a Nadal qui est le jeune joueur dont vous pensez qu'il a une chance de gagner le titre. Mais est-il mentalement prêt ? Il l'est physiquement. Il a le jeu pour ça. Il y a Coria, plus les suspects habituels, mais c'est beaucoup plus ouvert. Et si quelqu'un se présente en forme au cours des prochaines semaines, cela nous donnera beaucoup d'informations sur les favoris sur terre battue. Probablement un espagnol ou un argentin aura de bonnes chances (rire).
Q. Vous et Henman n'avez jamais vraiment réussi sur terre . Y a-t-il de bons joueurs britanniques derrière vous qui jouent bien sur terre battue ?
R. Déjá, nous, nous n'avons pas trop mal réussi, je pense. Tim est arrivé en demi finale á Roland Garros, ce qui est un excellent résultat. Moi, je suis arrivé au 4 ème tour une ou deux fois ; j'ai aussi été en finale d'un tournoi sur terre battue, même si c'était en Amérique. En Coupe Davis, nous avons assez bien joué sur terre battue également. C'est un jeu différent, semaine après semaine où il faut essayer de bien faire. Même pour Roger qui joue bien sur terre battue et a grandi sur cette surface, c'est un tournoi difficile á gagner, Roland Garros. Je pense qu'il a le jeu pour.
Q. Mais si vous regardez seulement les joueurs britanniques ?
R. Nous avons besoin que Buster Mottram revienne (sourire).
Q. Les joueurs arrivent de nulle part, réussissent toujours bien sur herbe, et ensuite ne font plus rien de toute l'année. Je ne parle pas de vous ou de Tim, je parle des autres joueurs .
R. Je pense que Murray est probablement le meilleur jusqu'á présent. Il a gagné l'US Open junior, il a 17 ans. En fait, il joue sur la terre battue pour se hisser dans le circuit. Il a été en Amérique du Sud pour jouer les tournois sur terre battue et il possède un très solide jeu de fond de court. Il est très jeune, il pourrait bien réussir sur terre battue á l'avenir. C'est bien que les jeunes apprennent á jouer sur terre battue, mais il faut aussi tenir compte de son propre style de jeu.
Q. Nadal a dit que Federer est peut-être un peu trop impatient pour gagner sur terre battue á Roland Garros. Etes-vous d'accord ?
R. Je ne sais pas. La question pour Roger, qui est difficile pour lui, est qu'il devra sacrifier un peu Wimbledon au profit de Roland Garro,s parce que ces deux grand chelem sont si proches, et donc il est difficile de gagner les deux. Il faut réfléchir. Il faut gagner 7 matches. Il a le jeu pour le faire. Il s'agit de savoir si dans sa tête il voudra le gagner et si il a de la chance avec le temps : il y a tellement de combinaisons qui jouent á Roland Garros. Mais, il est très complet. Cela fait longtemps qu'il n'a pas joué Monte Carlo. Je pense donc qu'il fait la préparation voulue pour cela. Il faut penser á lui comme l'un des joueurs qui ont une chance. Il m'a paru patient á Miami, quand il a gagné cette finale, après avoir été mené 2 sets á 0 contre Nadal, et ce court avait des rebonds relativement hauts et raisonnablement lents. C'est donc une victoire assez impressionnante, gagner ainsi des Master Series d'affilée. Ses résultats, qui montrent qu'il a gagné deux fois Hambourg sur terre battue lente, sont la preuve d'une grande qualité et montrent qu'il est un grand joueur. S'il y avait deux semaines supplémentaires entre Wimbledon et Roland Garros, cela pourrait l'aider un peu á accomplir cet exploit.
Q. Quel vol espérez-vous prendre ce soir ?
R. Le vol de 21h est complet, ainsi que celui de 19h. J'espère que quelqu'un se désistera (rires).
Q. Qu'allez-vous faire demain ?
R. Je vais simplement travailler dans la salle de gym, retourner á Queens, simplement reprendre mon entraînement physique qui, je le sens, me renforce et me met en forme. Ce sont les choses les plus importantes pour moi. J'attends avec impatience de jouer quelques matches sur terre battue. Si je joue bien, tant mieux, sinon, je veux au moins être aussi en forme que possible pour la saison sur herbe.
Q. Vous ne prenez pas la peine d'aller á Barcelone maintenant ?
R. Non, cela fait plusieurs années que je ne le fais pas. Même si j'allais á Barcelone cette semaine, il y aurait Roger, une fois de plus, sur son petit nuage...C'était juste une question d'un ou deux points ici et lá, pour gagner quelques jeux. Mais, dans la plupart des échanges, il renvoyait une balle de plus que moi, aujourd'hui, á partir du moment où il a débreaké.
Q. Mais vous faisiez aussi beaucoup d'entraînement physique á Barcelone ? Ce n'était pas seulement jouer ?
R. Oui, mais je vais faire de l'entraînement physique á Londres. Cela marche bien avec Jean-Pierre qui s'occupe de mon corps et qui fixe le programme physique avec moi. Touchons du bois, pas de blessure, ce qui est un plus pour moi. Mon esprit est en forme, et mon corps est en forme. Je vais être assez fort. On ne peut pas s'épuiser en une heure. La question se posera si je joue un match de 3 ou 4 heures et que je dois revenir sur le court après. Mais je n'ai pas encore eu ce luxe. J'espère voir cela á Rome ou au cours des semaines suivantes.





