Nadal est devenu invincible en Principauté

L’habitude de la victoire n’a pas érodé le plaisir qu’elle engendre. A 17h, sous un ciel resté désespérément gris, Rafael Nadal s’est allongé de tout son long sur la terre battue du Monte-Carlo Country Club où il pulvérise tous les records de l’histoire moderne.
Pour la cinquième année consécutive, Rafael Nadal venait donc de remporter le Monte-Carlo Rolex Masters. Et il l’a encore fait avec la manière au terme d’une semaine où, contrairement aux deux précédentes éditions du tournoi monégasque, il aura cédé un set. A l’image d’Andy Murray, la veille, Novak Djokovic a pris tous les risques en finale pour tenter d’ébranler cette imprenable citadelle majorquine, mais le Serbe, comme tous ceux qui l’avaient précédé tout au long de la semaine, s’est rendu à l’évidence : Rafael Nadal est devenu invincible à Monte-Carlo et ailleurs sur terre battue. Mais Djokovic pouvait se consoler : il avait réussi ce drôle d’exploit de lui subtiliser un set (6-3, 2-6, 6-1) et de nourrir le suspense pendant 2h44.
Archi-combles, les tribunes du Monte-Carlo Country Club, qui avaient pris le parti de plus encourager le Serbe, ont vite vu qu’il y aurait peut-être un match. Breaké dès le premier jeu, Djokovic oublia vite, en effet, cette mauvaise entame pour revenir au score immédiatement et reprendre, une deuxième fois, le service du tenant du titre qui se retrouva mené 3-1. Le matin, on avait vu Djokovic travailler sans relâche son amortie de revers, subtilité technique dont il usa pour tenter de désorganiser la défense de Nadal.
Mais l’Espagnol, qui en a vu d’autres, ne se laissa pas démonter pour autant. Après un début de rencontre relativement timide, il entra définitivement dans la partie et gagna les cinq jeux suivants. Il ne le fit pas, toutefois, avec une facilité déconcertante car il lui fallut tout de même 63 minutes pour boucler la première manche. Son travail de sape avait encore porté ses fruits. Tous ces efforts pour rien, pouvait se dire Djokovic, qui avait eu recours aux mains expertes du kiné de l’ATP à l’issue du septième jeu en raison d’une violente douleur au dos.
Courageux, Djokovic ne plia pas pour autant sous le poids de cette déception. Comme au premier set, il repartit, sabre au clair, à l’assaut de cet impossible exploit. Il fit le break dès le premier jeu sur un point exceptionnel -le point du match- pendant lequel Nadal montra ses phénoménales qualités de défenseur, mais qui furent cependant insuffisantes pour empêcher Djokovic de marquer ce point conclu par un smash.
Surprise, Nadal céda alors très vite dans cette deuxième manche presque survolée par Djokovic qui rayonnait au service -75% de premières balles. Le Serbe lâchait tous ses coups alors que ceux de l’Espagnol manquaient de force de pénétration. En 42 minutes, pour le plus grand plaisir des 10 000 spectateurs, Djokovic était revenu à la hauteur de Nadal qui n’avait plus perdu un set en Principauté depuis 2006 et la finale contre Roger Federer.
D’une durée de 15 minutes, le premier jeu du troisième set fut probablement le plus important de cette finale. Sur le service de Nadal, Djokovic obtint, en effet, trois balles de break. La première laissera de gros regrets au Serbe, mais prouva quel champion était Nadal sur terre battue. Alors qu’on le croyait trop loin de la balle, Nadal sprinta à la vitesse de l’éclair en direction du filet pour réussir une sublime contre amortie gagnante. Djokovic tomba à genoux sur le court. Le deuxième jeu scella peut-être le sort de cette finale. Djokovic y commit deux doubles fautes et offrit le break sur un plateau à Nadal qui avait retrouvé des couleurs (2-0). Certes, il perdit cet avantage aussitôt, mais refit la différence dès le 4e jeu avant de se détacher 4-1. Le plus dur était fait pour Nadal, désormais hors d’atteinte. Un nouveau break amplifia sa victoire au troisième set. Un ultime revers de Djokovic dans le filet le délivra à l’issue d’une finale qu’il avait su gagner sans jouer son meilleur tennis.






