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Murray l'apprenti

Andy Murray
C’est l’un des rituels des débuts de tournoi et il est dédié aux journalistes : les tables rondes autour desquelles sont réunis, ensemble, les meilleurs mondiaux et pendant lesquelles fusent les questions à la veille du début des hostilités. Lundi matin, dans le village VIP du Monte-Carlo Country Club, un champion était particulièrement espéré et entouré, Andy Murray, suivi tout au long de l’année par une nuée de journalistes britanniques qui attendent avec impatience ce jour historique où un Britannique gagnera, enfin, un tournoi du Grand Chelem. Il faut remonter, en effet, à 1936 et à Fred Perry pour retrouver trace d’un Britannique vainqueur d’un tournoi majeur -c’était à Wimbledon. Et Bunny Austin, consacré en 1934, reste le dernier sujet de sa Gracieuse Majesté à avoir triomphé en Principauté.

A l’aube de ses 22 ans (il les fêtera le mois prochain), l’Ecossais, finaliste de l’US Open en 2008, a toutes les chances de devenir ce héros tant rêvé. Déjà 4e mondial, tout près de devenir 3e dans le sillage immédiat de Djokovic, Murray s’affiche au fil des semaines comme un redoutable compétiteur qui vient de s’illustrer en triomphant il y a quelques jours au Masters 1000 de Miami. Un résultat à l’origine de l’agitation médiatique qui l’a accueilli à Monte-Carlo. Mais contrairement à ses trois devanciers au classement -Nadal, Federer, Djokovic- qui visent la victoire au Monte-Carlo Rolex Masters, Murray annonce des ambitions nettement plus modestes à quelques mètres de la Méditerranée. « Je n’ai jamais eu de bons résultats sur terre battue, admet-il. Cette année, je vise donc les quarts de finale ou les demi-finales des tournois auxquels je participerai sur cette surface. »

Avec son jeu très à plat, Murray n’est pas, c’est une certitude, l’archétype du « terrien », mais sa jeunesse rappelle néanmoins qu’il n’est pas un novice sur terre battue. Lors de son adolescence, il passa notamment plusieurs années à s’entraîner parmi les Espagnols à Barcelone sous l’autorité de Pato Alvarez. « Le jeu sur terre battue est à la fois un défi physique et mental, reconnaît-il. Les appuis ne sont plus les mêmes. Il faut savoir glisser et répéter les gestes. C’est compliqué, surtout quand vous venez de jouer un mois sur dur. » Pour l’aider à mieux maîtriser l’art du jeu sur terre battue, il vient donc de s’adjoindre les services d’Alex Corretja, double finaliste de Roland-Garros en 1998 et 2001 et finaliste à Monte-Carlo en 1997. Leur association durera l’espace de quelques semaines et prendra véritablement son essor la semaine prochaine à Barcelone où ils ont prévu de mettre les bouchées doubles à l’entraînement.

A y regarder de plus près, il y a un peu de John McEnroe dans cet Andy Murray, timide à l’excès, dont le regard a tendance à fuir celui de son interlocuteur, mais dont le caractère explose parfois sur le court. Parfois irascible, il tarde encore à capter l’affection du public qui a du mal à le cerner. Mais son intelligence de jeu crève les yeux des spectateurs. Ceux qui ne le connaissent pas sont invités à s’intéresser cette semaine à celui qui pourrait très vite laisser sa trace dans l’histoire du tennis. Une victoire au Monte-Carlo Rolex Masters serait un premier pas décisif…

Monte-Carlo Country Club