Murray l'apprenti

A l’aube de ses 22 ans (il les fêtera le mois prochain), l’Ecossais, finaliste de l’US Open en 2008, a toutes les chances de devenir ce héros tant rêvé. Déjà 4e mondial, tout près de devenir 3e dans le sillage immédiat de Djokovic, Murray s’affiche au fil des semaines comme un redoutable compétiteur qui vient de s’illustrer en triomphant il y a quelques jours au Masters 1000 de Miami. Un résultat à l’origine de l’agitation médiatique qui l’a accueilli à Monte-Carlo. Mais contrairement à ses trois devanciers au classement -Nadal, Federer, Djokovic- qui visent la victoire au Monte-Carlo Rolex Masters, Murray annonce des ambitions nettement plus modestes à quelques mètres de la Méditerranée. « Je n’ai jamais eu de bons résultats sur terre battue, admet-il. Cette année, je vise donc les quarts de finale ou les demi-finales des tournois auxquels je participerai sur cette surface. »
Avec son jeu très à plat, Murray n’est pas, c’est une certitude, l’archétype du « terrien », mais sa jeunesse rappelle néanmoins qu’il n’est pas un novice sur terre battue. Lors de son adolescence, il passa notamment plusieurs années à s’entraîner parmi les Espagnols à Barcelone sous l’autorité de Pato Alvarez. « Le jeu sur terre battue est à la fois un défi physique et mental, reconnaît-il. Les appuis ne sont plus les mêmes. Il faut savoir glisser et répéter les gestes. C’est compliqué, surtout quand vous venez de jouer un mois sur dur. » Pour l’aider à mieux maîtriser l’art du jeu sur terre battue, il vient donc de s’adjoindre les services d’Alex Corretja, double finaliste de Roland-Garros en 1998 et 2001 et finaliste à Monte-Carlo en 1997. Leur association durera l’espace de quelques semaines et prendra véritablement son essor la semaine prochaine à Barcelone où ils ont prévu de mettre les bouchées doubles à l’entraînement.
A y regarder de plus près, il y a un peu de John McEnroe dans cet Andy
Murray, timide à l’excès, dont le regard a tendance à fuir celui de son
interlocuteur, mais dont le caractère explose parfois sur le court. Parfois
irascible, il tarde encore à capter l’affection du public qui a du mal à le
cerner. Mais son intelligence de jeu crève les yeux des spectateurs. Ceux qui ne
le connaissent pas sont invités à s’intéresser cette semaine à celui qui
pourrait très vite laisser sa trace dans l’histoire du tennis. Une victoire au
Monte-Carlo Rolex Masters serait un premier pas décisif…






